La messe est dite. Le Conseil constitutionnel du Cameroun a rejeté, mardi 5 août, le recours de Maurice Kamto contre son exclusion de la présidentielle du 12 octobre. Une décision qui officialise, sans nuance ni réserve, l’éviction du principal challenger du régime en place, et cristallise les inquiétudes sur la sincérité du processus électoral.
Pour les avocats de Maurice Kamto, le verdict ne laisse aucun doute sur la nature du système : « Le Conseil constitutionnel, c’est 3 % de droit, 97 % de politique », a fustigé Me Hippolyte Meli Tiakouang, dénonçant une instance incapable de garantir un minimum d’équité. « Nous avons terminé le juridique, désormais, la suite appartient à la politique », a-t-il lancé, amer.
Sous prétexte de “double investiture”, l’opposant a été disqualifié par Élections Cameroon (ELECAM) dès le 26 juillet. Motif : s’être présenté à la fois sous les couleurs du MRC et du MANDEM – un point de procédure désormais utilisé comme arme d’élimination politique.
Dans le même élan, ELECAM a validé treize autres candidatures, dont celle du président sortant Paul Biya, au pouvoir depuis 1982. À 92 ans, ce dernier a annoncé sa candidature pour un nouveau mandat, affirmant : « Le meilleur reste à venir. » Pour qui ?
Cette mise à l’écart de Maurice Kamto n’est pas un simple accident administratif. Elle s’inscrit dans une stratégie de verrouillage du jeu démocratique, orchestrée avec méthode : instrumentalisation des lois, soumission des institutions et marginalisation des voix critiques. En 2018 déjà, Kamto avait contesté les résultats de la présidentielle. Sept ans plus tard, il n’a même plus le droit de figurer sur la ligne de départ.
À mesure que le scrutin approche, une question demeure : que vaut une élection sans véritable choix ? Pour de nombreux Camerounais, la réponse est déjà connue. La voie des urnes semble de plus en plus étroite. La démocratie, elle, perd encore du terrain.
LFL







