Le couperet est tombé. Et avec lui, une clameur de colère, d’indignation et de détermination. Le 5 août 2025, le Conseil constitutionnel camerounais a définitivement rejeté la candidature de Maurice Kamto à l’élection présidentielle d’octobre. Deux jours plus tard, le leader du Mouvement pour la renaissance du Cameroun (MRC) est sorti de son silence pour dénoncer ce qu’il qualifie de « stratégie préméditée » du régime de Paul Biya pour neutraliser l’un des principaux visages de l’opposition.
Dans une déclaration à la tonalité incisive, Kamto n’a pas mâché ses mots : « Le pouvoir en place a minutieusement préparé mon éviction », accuse-t-il. Pour lui, l’invalidation de sa candidature n’est pas une simple question de procédure, mais l’ultime manœuvre d’un régime qui redoute toute alternative démocratique crédible. Il affirme que le RDPC, parti au pouvoir, a « fabriqué » une fausse direction du Manidem – le parti par lequel il avait introduit sa candidature, et « inventé une seconde investiture » pour créer artificiellement une situation de conflit statutaire.
Ce qu’il dénonce, c’est un système verrouillé, une mascarade électorale soigneusement huilée, où les dés sont pipés dès le départ. La loi électorale exige que les candidats à la présidentielle soient investis par des partis ayant des élus. Le MRC, en boycottant les élections de 2020, a échappé à une stratégie d’érosion planifiée, mais se trouve aujourd’hui pris au piège d’un calendrier électoral manipulé, avec le report des élections législatives et municipales à 2026.
Kamto ne se contente pas de pointer du doigt ELECAM, l’organe en charge des élections, ou encore le ministère de l’Administration territoriale. Il dénonce un complot institutionnel, orchestré jusque dans les plus hautes sphères de l’État, et soutenu – tacitement ou non – par une communauté internationale qu’il accuse d’avoir tourné le dos à ses principes. L’ONU, notamment, est interpellée pour un « accord secret » signé avec ELECAM en mai 2025, présenté comme une caution de façade à un processus vicié.
« Rien n’interdisait au MRC de présenter un candidat », martèle-t-il. Et pourtant, la machine s’est mise en route pour lui barrer la route. Une décision « à 97 % politique », selon son avocat, Me Hippolyte Meli Tiakouang.
L’exclusion de Kamto ne signe pas la fin d’un engagement politique. Il salue le soutien des partis alliés :le FCC, l’APC, le président du Manidem, et annonce la fin de la levée de fonds pour sa campagne, avec remboursement prévu des dons. Mais le message qu’il envoie est limpide : la bataille n’est pas finie. « Je suis debout et resterai à vos côtés. La lutte continue », conclut-il.
P.E







