Déposer une candidature à la magistrature suprême est un acte sérieux. Pourtant, à la Commission électorale indépendante (CEI), certaines démarches frisent la provocation. Un jeune de 24 ans qui sait pertinemment que l’âge minimum est de 35 ans, un autre postulant qui dépose un dossier incomplet… Ces candidatures ne visent pas la présidence, mais la lumière des projecteurs.
Qu’on se le dise : le processus électoral n’est pas une scène de théâtre où l’on vient tester sa notoriété. Derrière chaque dépôt, il y a un coût administratif, du temps mobilisé par la CEI et le Conseil constitutionnel, et un risque d’encombrer l’examen des candidatures sérieuses. C’est ce que l’on appelle une « pollution » démocratique.
La pluralité est une richesse, mais elle exige le respect des règles. La Côte d’Ivoire entre dans une phase cruciale où la stabilité et la confiance dans les institutions doivent primer. À trois mois d’un scrutin décisif, le pays ne peut se permettre ni les candidatures gadgets, ni les ambitions opportunistes.
Être candidat à la présidentielle, ce n’est pas simplement occuper l’actualité : c’est se préparer à diriger un État. Et cela commence par le respect de la loi.
P.E.







