Le gouvernement burkinabè a expulsé la Coordinatrice résidente de l’ONU, Carol Bernardine Flore-Smereczniak, accusée d’avoir coprésidé la rédaction d’un rapport jugé « mensonger » sur la situation des enfants. Une décision qui ravive les tensions entre Ouagadougou et le Système des Nations Unies.
Le lundi 12 août, la télévision nationale a relayé la décision du gouvernement : Carol Bernardine Flore-Smereczniak, Coordinatrice résidente du Système des Nations Unies et Coordinatrice humanitaire au Burkina Faso, est déclarée « persona non grata ». Selon le porte-parole Gilbert Ouédraogo, le rapport « Les enfants et le conflit armé au Burkina Faso » contiendrait des informations « graves et mensongères », rédigées sans « sources objectives, ni preuves, ni justificatifs ».
Pour Ouagadougou, le document, coprésidé par la Coordinatrice, confond indistinctement « terroristes et institutions de défense et de sécurité » et ne présente aucun rapport d’enquête ou décision de justice pour étayer ses allégations. Le gouvernement dénonce également l’usage « à dessein » de terminologies équivoques, perçues comme une tentative de légitimer la violence qui frappe le pays.
Carol Bernardine Flore-Smereczniak, mauricienne, avait pris ses fonctions au Burkina Faso le 23 juillet 2024, après un mandat au PNUD en Côte d’Ivoire. Sa mission consistait à coordonner les actions humanitaires et de développement de l’ONU dans le cadre du Plan d’action intérimaire pour le développement durable 2023-2025.
Cette expulsion rappelle celle de décembre 2022, lorsque Barbara Manzi, alors Coordinatrice résidente de l’ONU, avait été sommée de quitter le pays. En 2023, les Nations Unies avaient mobilisé près de 445 milliards FCFA pour soutenir la sécurité alimentaire, la cohésion sociale et la réduction de la pauvreté. Mais malgré ces efforts financiers, la communication onusienne reste au cœur d’une vive controverse politique.
LFL








