Rapatrié le 18 août à Ouagadougou, le corps d’Alain Christophe Traoré, alias Alino Faso, a aussitôt été soumis à une autopsie par décision de la justice burkinabè. Un geste fort qui répond à la colère populaire et au climat de suspicion entourant sa mort en prison à Abidjan.
Il était un militant, il est devenu un symbole. Le cercueil d’Alino Faso, descendu d’un avion militaire burkinabè en début d’après-midi, a été accueilli par une foule dense, mêlant proches, artistes, influenceurs et simples citoyens. Tous attendaient une chose : la vérité.
Quelques heures plus tard, la justice burkinabè passait à l’acte. Une équipe de médecine légale procédait à l’autopsie au CHU de Bogodogo, preuve d’une détermination claire à ne pas laisser l’affaire sombrer dans l’oubli. « Les résultats seront versés au dossier », a précisé le procureur Blaise Bazié, qui appelle chacun à contribuer à la manifestation de la vérité.
La décision est loin d’être anodine. Elle marque la volonté du Burkina Faso de défier la version ivoirienne d’un prétendu suicide et d’affirmer haut et fort que la mort d’Alino Faso ne sera pas balayée d’un revers de main. Dans les rues de Ouagadougou comme dans les chancelleries, l’affaire continue d’enflammer les esprits. Car derrière l’autopsie, c’est un procès de la vérité qui s’ouvre.
LFL








