La destruction du bâtiment Munah Tech, ancien siège du Congrès pour le changement démocratique (CDC), et la découverte d’armes et d’explosifs à Monrovia, relancent les débats sur la sécurité et la manipulation politique à quelques mois des élections libériennes.
Le jeudi 21 août 2025 restera une date marquante pour le paysage politique libérien. Sous forte escorte policière, le bâtiment Munah Tech, siège historique du Congrès pour le changement démocratique (CDC), a été démoli suite à un jugement confirmant la propriété de Martha Stubblefield Bernard. Depuis sa fondation en 2004, le CDC, parti de George Weah, y avait organisé campagnes et stratégies politiques, faisant de ce site un symbole de l’ascension de l’ex-président.
Mais l’événement a pris une tournure dramatique : dans l’un des appartements, la police a découvert une cache d’armes, de munitions et d’explosifs. « Ces découvertes constituent une menace sérieuse pour la sécurité nationale », a déclaré Cecelia Clarke, porte-parole de la police, confirmant qu’une enquête approfondie allait déterminer leur origine et leur usage potentiel.
Cette annonce a immédiatement exacerbé les tensions politiques. Les dirigeants du CDC dénoncent une opération visant à affaiblir l’opposition avant les élections de 2025. « Ce n’est pas seulement la question d’un terrain, mais une volonté manifeste de réduire au silence la voix populaire incarnée par notre formation », a dénoncé un responsable du parti.
Pour la société civile et une partie de la population, la priorité est la transparence. Mariama Doe, présidente de l’Alliance de la société civile, appelle à « une enquête neutre et rigoureuse », soulignant que la moindre manipulation risque d’accroître la méfiance des citoyens envers les institutions.
Dans les rues de Monrovia, l’affaire divise les opinions. Certains s’inquiètent de la présence d’armes dans le siège d’un parti politique, d’autres remettent en question le timing et le contexte de cette révélation. James Kpadeh, chauffeur de taxi, résume ce scepticisme : « Il est difficile de croire que de telles armes pouvaient rester cachées là pendant toutes ces années sans que personne ne le sache. Cela sent la politique habituelle. »
L’opposition accuse le gouvernement de manipulation judiciaire, tandis que l’exécutif réaffirme son engagement à faire respecter la loi. Des analystes avertissent que ce bras de fer pourrait accroître la polarisation politique et éroder la confiance dans la démocratie libérienne. La communauté internationale suit également la situation de près, craignant que cette affaire ne compromette la crédibilité des institutions.
La démolition du siège du CDC ne symbolise pas seulement la perte d’un bâtiment : elle illustre la fragilité de l’équilibre politique au Libéria, la tension entre justice et intérêts politiques, et les enjeux cruciaux qui attendent le pays à l’approche d’élections déterminantes.
LFL







