À Abuja, les ministres de la Défense et des Finances de la Cédéao se sont réunis vendredi pour examiner un dossier hautement stratégique : comment assurer le financement durable de la Force en attente, appelée à devenir le principal outil militaire régional contre le terrorisme. Les débats ont suivi un conclave d’experts financiers et militaires qui, durant trois jours, avaient étudié différentes options de mobilisation des ressources.
Le rapport soumis aux ministres propose plusieurs pistes, allant de l’amélioration du prélèvement communautaire au recouvrement des contributions non réglées par certains États. Mais le verdict des ministres reste clair : les fonds disponibles ne permettent pas encore de rendre cette Force pleinement opérationnelle.
Cet énième débat financier s’inscrit dans une dynamique plus large. Depuis juillet 2025, l’organisation a engagé la formation des composantes militaires, policières et civiles de la Force, avec une attention particulière à la prévention des conflits, à l’intégration du genre et au respect des droits humains. Ces efforts s’appuient également sur les recommandations du Comité des chefs d’état-major et sur les discussions de février dernier, qui mettaient l’accent sur les besoins logistiques et opérationnels.
Cependant, la réunion d’Abuja s’est tenue dans un climat diplomatique fragilisé. Trois pays sahéliens – Mali, Niger et Burkina Faso – se sont officiellement retirés de la Cédéao, dénonçant son incapacité à enrayer les violences jihadistes et la présentant comme une organisation inféodée à des puissances extérieures.
Pour le président nigérian Bola Ahmed Tinubu, il y a urgence à transformer cette Force en outil concret : « La Force en attente de la Cédéao doit passer du concept à la réalité opérationnelle dès maintenant », a-t-il martelé.
La Cédéao ambitionne de constituer un contingent de 5 000 hommes, dont une brigade antiterroriste prioritaire de 1 650 soldats. Conçue en synergie avec d’autres initiatives régionales comme l’Initiative d’Accra et la Force multinationale mixte du lac Tchad, cette Force doit devenir un symbole de responsabilité partagée et de sécurité collective, socles de la Vision 2050 d’une Afrique de l’Ouest plus stable et intégrée.







