L’Afrique continue de perdre des milliards de dollars chaque année à cause des flux financiers illicites. Selon un rapport du Panel de haut niveau de l’Union africaine (UA HLP-IFF), publié le 27 août 2025, la majorité des pays africains ne disposent pas encore de mécanismes solides pour endiguer ce phénomène.
Le document pointe l’absence d’une stratégie continentale coordonnée, alors que la rivalité entre grandes puissances, la pandémie de Covid-19, la guerre en Ukraine et la crise climatique ont rendu le continent encore plus vulnérable. Cette fragilité est accentuée par la dépendance aux exportations hors Afrique, qui expose davantage les économies locales aux chocs externes et aux pratiques illégales.
Le rapport estime que l’actuelle politique de « mobilisation des ressources intérieures » détourne du vrai problème : créer et sécuriser les ressources locales. Les experts préconisent une nouvelle approche intégrée, la DRCM (création et mobilisation des ressources domestiques).
Malgré quelques avancées – cellules de renseignement financier, agences anticorruption et registres de bénéficiaires effectifs – le constat reste préoccupant : manque de coopération, régulation insuffisante des institutions financières non bancaires, dépendance aux transactions en liquide et contrôle limité sur les bureaux de change.
« Les États doivent passer d’une action fragmentée à une riposte collective », alerte le rapport, qui insiste sur l’urgence de bâtir une architecture africaine robuste pour contrer les flux financiers illicites.
LFL








