À Nairobi, les grues s’activent et les murs s’élèvent : le Talent Stadium, avec ses 60 000 places, avance à grands pas. Prévu pour accueillir la Coupe d’Afrique des Nations 2027, coorganisée avec la Tanzanie et l’Ouganda, ce chantier symbolise les ambitions du Kenya de se hisser au rang des grandes nations sportives africaines. Mais derrière les promesses, des voix s’élèvent déjà pour questionner la viabilité du projet.
Estimé à plusieurs centaines de milliards de shillings, le coût du stade interroge dans un pays où les besoins en infrastructures de santé, d’éducation et de transport restent criants. « Nous voulons tous vibrer pour la CAN, mais à quel prix ? », lance un habitant de Nairobi venu observer le chantier. La livraison annoncée pour fin 2025 suscite également du scepticisme, alors que nombre de projets d’envergure en Afrique ont déjà souffert de retards.
Si le Talent Stadium doit être une vitrine pour le continent, ses promoteurs devront convaincre qu’il ne deviendra pas un « éléphant blanc », inutilisé une fois la compétition terminée. Certes, concerts et festivals sont prévus, mais leur régularité et leur rentabilité restent incertaines. Dans ce contexte, les rénovations parallèles du Nyayo National Stadium et du Moi International Sports Centre pourraient se révéler plus durables et adaptées aux besoins du quotidien.
Le Talent Stadium incarne une ambition légitime, mais son succès dépendra de deux conditions essentielles : une gestion transparente et un plan solide pour garantir son utilisation après la CAN. Sans cela, le risque est réel de voir l’euphorie sportive céder la place à un lourd fardeau financier.
LFL








