Le 15 septembre 2025, Niamey a été le théâtre de la deuxième réunion des ministres de la Justice de l’Alliance des États du Sahel (AES), un rendez-vous stratégique pour consolider les institutions de la Confédération. Sous la présidence du ministre d’État nigérien Mohamed Toumba, la rencontre, tenue au Centre international de conférences Mahatma Gandhi, avait pour objectif de faire le point sur la mise en œuvre de la feuille de route adoptée à Bamako les 29 et 30 mai 2025 et d’avancer vers une harmonisation judiciaire et pénitentiaire entre le Mali, le Burkina Faso et le Niger.
Les délégations étaient conduites par Mamoudou Kassogué, ministre de la Justice du Mali, et Edasso Rodrigue Bayala, son homologue burkinabè. Mohamed Toumba représentait le Premier ministre nigérien. Le ministre a rappelé que l’AES est née le 16 septembre 2023 avec la signature de la Charte du Liptako-Gourma, avant de franchir une étape majeure le 6 juillet 2024, lors du premier sommet des chefs d’État à Niamey, marqué par la signature du Traité de la Confédération et d’instruments juridiques fondateurs comme la Déclaration de Niamey et le règlement intérieur du collège des chefs d’État.
Sur le plan juridique, la Confédération s’appuie désormais sur des ratifications solides : le Mali a adopté la loi le 1ᵉʳ novembre 2024 à l’unanimité du Conseil national de transition, le Burkina Faso a validé le texte le 27 mars 2025 avec 70 voix pour et une abstention, tandis que le Niger a engagé l’opérationnalisation dès 2024, confirmée en 2025 par le gouvernement de transition. Cette base légale confère à l’AES une légitimité institutionnelle renforcée, indispensable à son ancrage régional.
Au cœur des discussions à Niamey, les ministres ont examiné les recommandations de Bamako, notamment la création d’une Cour pénale sahélienne et des droits de l’Homme, ainsi que d’une prison de haute sécurité destinée à juger les crimes de terrorisme, les crimes contre l’humanité et la criminalité transnationale. Ils ont également évoqué la possibilité de saisir la Cour internationale de justice dans certains dossiers et insisté sur la nécessité d’une harmonisation des législations internes pour bâtir un espace juridique cohérent qui protège la souveraineté des États membres.
Cette réunion s’inscrit dans un contexte où l’AES multiplie les chantiers d’intégration. Au-delà du domaine judiciaire, un comité ministériel sur le développement s’est tenu à Niamey du 21 au 25 juillet 2025, et dans le secteur économique, un accord de free roaming a été annoncé pour faciliter les communications entre les trois pays. Ces initiatives témoignent d’une volonté claire : faire de la Confédération un espace intégré et résilient, où défense, justice, économie et coopération sociale avancent de concert pour renforcer la stabilité et la prospérité du Sahel.
LJP







