À un mois de la présidentielle du 25 octobre, Alassane Ouattara a annulé in extremis sa participation à la 80ᵉ Assemblée générale de l’ONU, le 20 septembre à New York. Officiellement, son discours sera porté par ses ministres Patrick Achi et Léon Kacou Houadja Adom. Mais en réalité, ce désistement révèle la fébrilité d’un pouvoir qui redoute davantage la rue ivoirienne que les regards diplomatiques.
En choisissant de rester à Abidjan, Ouattara confirme que l’urgence n’est pas à défendre sa vision à la tribune internationale mais à maintenir l’ordre à domicile. Le rejet des candidatures de Laurent Gbagbo, Tidjane Thiam et Pascal Affi N’Guessan a laissé un climat explosif, où colère populaire et contestations politiques menacent d’enflammer la campagne.
Au lieu d’assumer le rôle de leader africain attendu aux côtés d’Emmanuel Macron et d’autres chefs d’État, le président ivoirien préfère se retrancher derrière son appareil partisan. Le RHDP, avec Beugré Mambé et Gilbert Koné Kafana aux commandes de campagne, s’active pour verrouiller le processus électoral et préparer les législatives anticipées de décembre.
Cette décision, lourde de symboles, renvoie une image de repli : un chef d’État plus préoccupé par la préservation de son pouvoir que par l’honneur diplomatique de son pays. Car derrière l’annulation de New York, se dessine une réalité brutale : la Côte d’Ivoire aborde cette élection non pas comme une fête démocratique, mais comme un champ de manœuvres où la peur du soulèvement pèse plus que la quête de légitimité.
LFL







