Le bras de fer entre pouvoir et opposition se poursuit. Le Parti des Peuples Africains – Côte d’Ivoire (PPA-CI) de Laurent Gbagbo, loin de céder à l’interdiction du Conseil national de sécurité (CNS), a décidé de reporter sa marche au 11 octobre au lieu de l’annuler. Une manière de montrer que la mobilisation citoyenne ne sera pas étouffée par des décisions jugées autoritaires.
« Le PPA-CI prend acte de l’interdiction. Cependant, afin d’éviter certains débordements et incompréhensions, nous reprogrammons la marche au 11 octobre », a affirmé Sébastien Dano Djedjé, président exécutif du parti, devant la presse à Abidjan.
Cette marche, prévue initialement le 4 octobre, s’inscrivait dans l’initiative du Front commun de l’opposition (PPA-CI, PDCI-RDA, GPS et FPI). Ensemble, ces formations réclament un dialogue politique réel, garantissant des élections inclusives, transparentes et démocratiques, face à une présidentielle prévue le 25 octobre et marquée par la contestation de la candidature d’Alassane Ouattara.
Réuni le même jour sous la présidence du chef de l’État, le CNS a donné des instructions fermes aux ministres de la Justice et de la Sécurité : aucune manifestation ou meeting ne doit contester les décisions du Conseil constitutionnel. Une posture dénoncée par l’opposition comme une entrave grave aux libertés publiques.
Pour Sébastien Dano Djedjé, le pouvoir en place cherche à criminaliser l’expression politique et à intimider les militants. Il a exigé la libération immédiate des prisonniers politiques, qualifiant leur détention d’« injuste » et contraire aux principes démocratiques. Plus encore, il a mis en garde contre de supposées « manigances » visant à attribuer au PPA-CI des actes de déstabilisation : « Nous dénonçons ici et maintenant ce type de pratiques. Notre marche sera citoyenne et républicaine. »
Le PPA-CI insiste : le peuple a le droit de faire entendre sa voix. En maintenant sa marche au 11 octobre, malgré les interdits, l’opposition entend rappeler qu’aucune interdiction ne peut museler les aspirations à la liberté, à la justice et à la démocratie.
LFL







