À Grand-Bassam, cité historique au charme colonial et mémoire vivante du patrimoine ivoirien, un vent de renouveau artistique souffle. Le 25 septembre 2025, la ville a inauguré la Maison de l’Art, un espace résolument tourné vers la création contemporaine, en présence de la ministre de la Culture et de la Francophonie, Françoise Remarck.
Deux jours plus tard, les premiers visiteurs franchissaient les portes de ce lieu qui promet déjà d’être un carrefour de rencontres, d’échanges et d’inspiration.
Fruit d’une collaboration entre le ministère de la Culture, la Fondation SGBCI et l’UNESCO, la Maison de l’Art est bien plus qu’un bâtiment : c’est un manifeste pour la renaissance culturelle ivoirienne. Installée dans l’ancien bâtiment de la Poste et de la Douane, entièrement restauré par la Fondation SGBCI, elle symbolise la rencontre entre héritage architectural et modernité artistique.
« Cet édifice traduit notre volonté de soutenir la culture et de mettre en lumière l’art contemporain ivoirien, africain et international », affirme Wilfred Assi, directeur de la Fondation SGBCI, la voix empreinte de fierté.
L’espace, vaste et lumineux, abrite des salles d’exposition permanentes et temporaires, un atelier-résidence pour artistes, un café-restaurant, un jardin, et des espaces de dialogue ouverts à tous. Loin d’être un musée figé, la Maison de l’Art se veut un organisme vivant, un lieu où les idées circulent, où les œuvres s’émancipent et où le public devient acteur du mouvement culturel.
Pour son ouverture, 28 artistes venus de neuf pays exposent plus de quarante œuvres sous le commissariat de Dr Silvie Memel-Kassi, figure incontournable de la scène artistique africaine. Parallèlement, Yeanzi St Étienne, l’un des talents les plus percutants de la nouvelle génération ivoirienne, y présente une exposition personnelle jusqu’au 19 novembre, tandis qu’un artiste international y est accueilli en résidence.« La Maison de l’Art se veut un lieu de rencontre, de découverte et de transmission. Elle doit inspirer les plus jeunes et éveiller des vocations », poursuit Wilfred Assi, convaincu que l’art peut être un moteur de transformation sociale.
L’accès est gratuit pendant le premier mois, avant d’être fixé à 1 000 FCFA pour les enfants et 2 000 FCFA pour les adultes, un tarif symbolique pour rendre la culture accessible à tous.
Mais au-delà des chiffres, c’est l’esprit de résistance culturelle qui anime ce projet. À l’heure où tant de villes africaines peinent à préserver leur patrimoine face à la spéculation et à l’oubli, Grand-Bassam fait le pari audacieux de lier mémoire et modernité. La Maison de l’Art devient ainsi le symbole d’une Afrique créative, ouverte et fière de ses racines, une Afrique qui choisit d’écrire son avenir à travers les couleurs, les formes et la parole des artistes.
Avec ce nouvel espace, Grand-Bassam s’impose à nouveau comme un phare culturel, un lieu où passé et présent dialoguent pour éclairer le futur.
Dina Yoboué








