A Abidjan, le samedi 11 octobre 2°025, les rues vibrent sous les pas d’une foule déterminée. Malgré les barrages policiers, les gaz lacrymogènes et les interpellations, des centaines de manifestants avancent, drapeaux en main, chants de liberté aux lèvres. Dans cette marée humaine, un nom revient sans cesse : Pascal Affi N’Guessan.
L’ancien Premier ministre et président du Front populaire ivoirien (FPI) a pris la parole pour dénoncer ce qu’il appelle « la dérive autoritaire d’un pouvoir qui a perdu le sens du dialogue ». D’une voix ferme, il rappelle : « Ce n’est pas un acte de défiance, mais un acte de dignité. Nous ne voulons pas la confrontation, nous voulons la justice. »
Ses mots, empreints de gravité, réveillent un souvenir collectif : celui des luttes démocratiques des années 1990, lorsque la rue fut le berceau du pluralisme en Côte d’Ivoire. Pour beaucoup, Affi incarne aujourd’hui cette mémoire d’un combat jamais achevé.
Autour de lui, le Front commun, alliance réunissant Laurent Gbagbo, Tidjane Thiam et Guillaume Soro, s’organise en rempart face à un régime accusé d’exclure ses adversaires du jeu politique. Leur mot d’ordre, « résistance pacifique », se veut à la fois un appel à la mobilisation et une promesse d’unité.
Dans plusieurs quartiers d’Abidjan, la jeunesse s’empare du message. « On ne se taira plus », clame un étudiant, poing levé. Des femmes entonnent l’hymne national, des vieillards agitent de vieux drapeaux tachés de poussière. L’émotion est palpable. « Un seul homme, aussi puissant soit-il, ne peut soumettre tout un peuple », martèle Affi N’Guessan, ovationné par la foule.
À mesure que la présidentielle approche, l’atmosphère se charge de tension. Mais pour Affi, la peur ne doit plus guider le destin du pays.
« La Côte d’Ivoire mérite une démocratie réelle, pas une façade de liberté », affirme-t-il.
Dans les rues d’Abidjan, la résistance pacifique a désormais un visage, une voix et un symbole : celui d’un peuple debout, décidé à écrire lui-même la suite de son histoire.
S.Y.









