A Antananarivo, Place du 13 Mai, ce dimanche 12 octobre 2025, le bitume brûle sous les pas d’une jeunesse qui n’a plus peur. Les slogans fusent, les drapeaux s’agitent, les chants couvrent le vacarme des sirènes : “Rajoelina dégage !” scande la foule, dans un élan que ni les menaces ni les gaz lacrymogènes n’ont su contenir.
Au centre de ce tumulte maîtrisé, « Gen Z Madagascar » incarne la colère et l’espérance d’un peuple en quête de justice sociale. « On veut vivre dignement, pas survivre ! » lance Haja, 22 ans, étudiant en droit, le poing levé. Autour de lui, des travailleurs, des artistes, des militaires en uniforme. Tous unis autour d’un mot d’ordre : changer de cap.
L’appel de la jeunesse résonne comme un ultimatum. Eau, électricité, éducation, santé : quatre urgences, quatre symboles d’un pays à bout de souffle. Dans la foule, on prie, on pleure, on chante l’hymne national. Puis vient le silence, celui du recueillement pour les victimes tombées les jours précédents.
Face à cette marée humaine, le pouvoir vacille. La présidence parle de “tentative de coup d’État”. Mais la rue, elle, parle de coup de désespoir populaire. « Ce n’est pas une révolution militaire, c’est une révolution citoyenne, » répond un colonel du Capsat.
Pendant que Rajoelina appelle au dialogue et que l’Union africaine exhorte à la retenue, les jeunes Malgaches refusent de rentrer chez eux. Pour eux, le dialogue n’a de sens que s’il mène au changement.
La Place du 13 Mai, berceau historique des résistances malgaches, redevient le cœur battant d’une nation qui réclame des comptes. Le peuple n’attend plus un sauveur, il s’est levé lui-même.
LFL








