À deux semaines de la présidentielle ivoirienne, la CEDEAO a, ce 14 octobre 2025 à Abidjan, réaffirmé son rôle de gardienne de la démocratie en remettant officiellement 384 000 dollars (plus de 217 millions FCFA) à la Commission électorale indépendante (CEI) et au Conseil national des droits de l’homme (CNDH). Une initiative qui intervient dans un contexte politique explosif, marqué par l’exclusion controversée des principaux leaders de l’opposition et la répression des manifestations citoyennes.
Sur les 300 000 dollars alloués à la CEI, l’institution entend renforcer la formation des membres des bureaux de vote et garantir un déroulement ordonné du scrutin. Plus de 1 500 observateurs ont déjà été accrédités, et le décompte se poursuit. Quant aux 84 000 dollars attribués au CNDH, ils serviront à déployer 2 400 observateurs des droits humains dans 12 000 bureaux de vote, un dispositif visant à assurer la transparence et à protéger les électeurs contre toute forme d’intimidation.
Pour Fanta Cissé, représentante résidente de la CEDEAO, ces fonds sont plus qu’un soutien matériel : ils incarnent la vigilance régionale face à un scrutin où la confiance des citoyens est mise à l’épreuve. « L’organisation d’élections pacifiques est un pilier fondamental de la démocratie », a-t-elle rappelé, insistant sur le rôle crucial des médias dans la diffusion de messages de paix et de transparence.
La présidente du CNDH, Namizata Sangaré, a souligné que l’observation des droits humains sera centrale : « Nous serons sur le terrain pour que chaque citoyen puisse voter librement, sans peur ni violence », a-t-elle insisté, faisant référence à la « Déclaration d’Abidjan » de 2021, qui renforce la coopération entre organes électoraux et institutions des droits de l’homme.
Alors que le pays se prépare à voter le 25 octobre, cet appui de la CEDEAO intervient comme un signal fort « contre la dérive autoritaire et la répression des manifestations pacifiques » selon des observateurs. Pour eux, des citoyens, privés du choix de leurs leaders dans des conditions équitables, observent désormais un double enjeu : voter et défendre leurs droits fondamentaux. La communauté ouest-africaine rappelle ainsi au pouvoir, à en croire des interprétations, que la démocratie ne se décrète pas, elle se respecte. Aussi, que chaque électeur doit pouvoir exercer librement son droit, sans menace ni intimidation.
LFL







