Le gouvernement burkinabè a adopté le jeudi 16 octobre 2025, un décret imposant aux organisations non gouvernementales (ONG) et associations agréées de domicilier leurs comptes à la Banque des dépôts du Trésor (BDT). Cette mesure vise à renforcer la transparence financière et intervient dans un contexte marqué par des soupçons d’espionnage impliquant une ONG étrangère.
Désormais, toutes les opérations financières des ONG et associations, subventions, dons et autres ressources, devront transiter exclusivement par des comptes ouverts à la BDT, selon le communiqué officiel. Le gouvernement explique que cette décision permettra une meilleure traçabilité des fonds, contribuera à prévenir le blanchiment d’argent, le détournement de fonds et le financement d’activités contraires à l’ordre public.
Le décret s’inscrit également dans le cadre des engagements internationaux du Burkina Faso en matière de lutte contre le terrorisme et les flux financiers illicites, tout en visant à renforcer la confiance des partenaires techniques et financiers.
Cette décision intervient quelques semaines après le démantèlement d’un réseau présumé d’espionnage opérant sous couverture humanitaire et lié à l’ONG International NGO Safety Organisation (INSO). Selon les autorités, sept personnes, parmi lesquelles des ressortissants français, tchèque et malien, ont été interpellées pour « collecte d’informations sensibles » sur les Forces de défense et de sécurité (FDS). Ces individus sont poursuivis pour espionnage et trahison.
D’après le ministre Mahamadou Sana, une dénonciation citoyenne a permis de révéler que l’ONG, présente au Burkina Faso depuis 2019, aurait collecté des données sur les déplacements militaires, les moyens déployés et les incidents liés aux engins explosifs improvisés. L’organisation, basée à La Haye et suspendue depuis le 31 juillet 2025, aurait poursuivi certaines activités malgré cette suspension.
Parmi les personnes arrêtées figurent Jean-Christophe Emile Pegon, directeur pays français, Aminata Marianne Guissé, directrice adjointe franco-sénégalaise, Thomas Muzik, directeur général adjoint tchèque, ainsi que plusieurs collaborateurs burkinabè et un Malien.
Le décret adopté jeudi marque une étape importante dans la régulation et le contrôle des activités et financements des ONG et associations, dans un contexte de vigilance accrue sur les structures opérant sur le territoire national.
LFL









