À Abidjan, trois groupes parlementaires de l’opposition – PDCI-RDA, PPA-CI et FPI – ont lancé un véritable cri d’alerte jeudi 16 octobre, dénonçant la répression de la marche du 11 octobre organisée par le Front commun de l’opposition. Dans une déclaration conjointe, les députés accusent le gouvernement d’Alassane Ouattara de violer les libertés fondamentales et d’entraîner la Côte d’Ivoire « sur la voie d’une dictature ».
Selon le communiqué signé par Simon Doho (PDCI), Hubert Oulaye (PPA-CI) et Pascal Affi N’Guessan (FPI), la manifestation, tenue pour réclamer une élection « inclusive, transparente et apaisée », a été marquée par une « violente répression » : près de 700 arrestations, de nombreux blessés, et deux morts, dont un bébé de deux ans asphyxié à Abié (Adzopé) et un manifestant tué par balle à Bonoua.
Les députés rappellent que cette marche s’inscrivait dans le cadre de l’article 20 de la Constitution, qui garantit la liberté de manifestation pacifique. « L’opposition était donc fondée à organiser cette marche », soulignent-ils, dénonçant une application sélective du droit, alors que des rassemblements du RHDP à Gagnoa et Korhogo se sont déroulés sans encombre.
La déclaration dénonce également des atteintes graves aux libertés individuelles, citant l’attaque du domicile de Noël Akossi Bendjo, la séquestration de Pascal Affi N’Guessan et le blocus du cabinet de Laurent Gbagbo le 15 octobre.
Face à ce qu’ils qualifient de « dérives dictatoriales », les trois groupes parlementaires réaffirment leur engagement pour la limitation des mandats présidentiels, le respect des libertés fondamentales et le caractère républicain des forces de sécurité. Ils exigent la libération immédiate des personnes arrêtées, l’ouverture d’une enquête indépendante sur les morts et l’arrêt d’un « processus électoral mortifère et conflictuel ».
Les députés tiennent le gouvernement responsable des violations des droits humains et appellent leaders religieux et coutumiers à agir pour éviter une escalade de la violence. Ils sollicitent également l’implication de la communauté internationale pour garantir une élection « libre et crédible ».
« La Côte d’Ivoire se trouve aujourd’hui à la croisée des chemins : soit elle s’enfonce dans la dictature, soit elle retrouve la voie de la liberté et de la démocratie », concluent-ils, lançant un appel au sursaut national et au courage patriotique.
LFL







