Les ruelles de Tanger bruissent d’une effervescence particulière. Depuis vendredi, la cité du Détroit s’est parée des couleurs du 25ᵉ Festival national du film (FNF). Sous les arcades du Palais des arts et de la culture, caméras et projecteurs se croisent, mais c’est surtout le regard du Maroc sur lui-même qui se joue ici, entre mémoire et modernité.
Cette édition, dédiée à Ahmed El Maanouni, pionnier du cinéma marocain, sonne comme un hommage à une génération de créateurs qui ont su filmer le pays dans sa complexité. Réalisateur, producteur, directeur de la photographie, El Maanouni symbolise un art de raconter — celui qui capte la lumière du réel et les ombres de la société.
Le ministre de la Culture, Mohamed Mehdi Bensaïd, a rappelé que le cinéma est « une industrie, mais aussi un service public, un moteur d’emploi et de cohésion nationale ». Un propos fort à l’heure où les créateurs marocains, souvent à bout de souffle, continuent de faire exister une production audacieuse, loin des standards formatés.
Pour la première fois, une exposition consacrée au jeu vidéo s’invite dans le festival. Une manière d’ouvrir de nouvelles perspectives à une jeunesse qui invente d’autres manières de raconter, de coder le monde, de créer des ponts entre l’image, la technologie et la culture.
Dans les salles obscures, les projections s’enchaînent : longs-métrages, documentaires, courts, films d’écoles… Vingt-deux prix viendront récompenser les talents d’aujourd’hui et les promesses de demain. Mais au-delà des récompenses, le FNF est un lieu de respiration pour le cinéma marocain — un espace de dialogue entre générations, entre mémoire et futur, entre Tanger et le monde.
Le Concours Pitch, qui sélectionne neuf projets de longs-métrages en développement, témoigne d’une relève décidée à raconter autrement : des voix féminines, rurales, diasporiques, qui questionnent le pays.
Dans cette 25ᵉ édition, Tanger n’accueille pas seulement un festival : elle célèbre un cinéma marocain vivant, ancré, engagé, celui qui regarde la société en face, et lui tend un miroir sans fard, mais plein d’espoir.
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