Le militant algérien Mohamed Tadjadit, surnommé « le poète du Hirak », a été condamné mardi à cinq ans de prison pour « apologie du terrorisme », a annoncé son avocate, Me Fetta Sadat.
Selon cette dernière, le tribunal a reconnu son client coupable de « soutien à des organisations terroristes » et de « propagation d’idées extrémistes », alors que le parquet avait requis dix ans de réclusion.
Un verdict dénoncé par les défenseurs des droits humains
Plusieurs organisations internationales, dont Amnesty International et PEN America, ont dénoncé des accusations « sans fondement » et exigé la libération immédiate du militant.
« Sa persécution repose uniquement sur sa poésie et son engagement pacifique. Son maintien en détention constitue une violation flagrante de ses droits fondamentaux », ont affirmé les ONG, estimant que ce verdict envoie « un signal inquiétant à tous ceux qui osent défendre les libertés en Algérie ».
Un symbole du Hirak muselé
Figure emblématique du mouvement Hirak, qui a rassemblé des millions d’Algériens en 2019 pour réclamer un changement démocratique, Mohamed Tadjadit s’était illustré par ses poèmes vibrants, déclamés dans les rues ou partagés sur les réseaux sociaux.
Souvent arrêté pour ses prises de position, l’activiste a déjà connu au moins six détentions entre 2019 et 2025. Libéré en novembre 2024 après une grâce présidentielle, il avait de nouveau été interpellé en janvier dernier, avant d’être condamné à une autre peine réduite à un an en appel.
La nouvelle condamnation du « poète du Hirak » marque un nouvel épisode dans la répression du mouvement pro-démocratie, que de nombreux observateurs qualifient de retour en force de la censure politique en Algérie.
Ljp








