Le gouvernement ivoirien poursuit sa stratégie d’expansion énergétique. Réuni en Conseil des ministres, ce mercredi 12 novembre 2025, il a autorisé l’ouverture de négociations avec Murphy Côte d’Ivoire, filiale du géant américain Murphy Oil Corporation, pour la signature d’un contrat pétrolier relatif au bloc CI-807.
Une décision qui confirme la volonté d’Abidjan de renforcer l’exploration et la valorisation de son potentiel pétrolier, dans un contexte de reprise spectaculaire du secteur.
Situé sur la marge Est du bassin sédimentaire ivoirien, le bloc CI-807 couvre une superficie d’environ 364 km². Cette zone, particulièrement convoitée, attire depuis plusieurs années de grands opérateurs internationaux. Murphy Côte d’Ivoire, déjà active sur d’autres blocs offshore, a manifesté un « intérêt marqué » pour ce périmètre, dont le potentiel reste à affiner par des études géologiques.
Basée à Houston (États-Unis), Murphy Oil est reconnue pour son expertise dans l’exploration et le développement de gisements offshore à haut rendement, notamment dans le golfe du Mexique et en Asie du Sud-Est. Sa montée en puissance en Côte d’Ivoire illustre la confiance renouvelée des investisseurs étrangers dans le climat économique du pays et la crédibilité du cadre réglementaire mis en place par le gouvernement.
Depuis la découverte du champ Baleine par l’italien Eni en 2021, le plus important gisement jamais identifié dans les eaux ivoiriennes, la dynamique du secteur pétrolier s’est profondément transformée. En 2024, la production nationale a atteint 16,1 millions de barils, soit une hausse de 50 % par rapport à l’année précédente, portée par la montée en régime du champ Baleine.
Malgré un léger recul des revenus de l’État dû à la conjoncture mondiale, la fiscalité pétrolière intérieure a bondi de 71 %, preuve de la vitalité du marché local et de la solidité de la gouvernance économique.
L’accord à venir avec Murphy Côte d’Ivoire devrait reposer sur un contrat de partage de production (CPP), modèle privilégié par Abidjan. Ce mécanisme permet à l’État de préserver la souveraineté sur ses ressources naturelles tout en partageant la production avec les opérateurs privés après déduction des coûts d’exploration.
Au-delà de l’aspect commercial, ce partenariat s’inscrit dans la vision nationale de souveraineté énergétique portée par le ministère des Mines, du Pétrole et de l’Énergie. L’objectif : accroître la production nationale d’hydrocarbures, diversifier le mix énergétique et réduire la dépendance vis-à-vis des importations.
En donnant son feu vert à ces discussions, le gouvernement du président Alassane Ouattara confirme son ambition de positionner la Côte d’Ivoire comme un acteur énergétique majeur en Afrique de l’Ouest, un pays où pétrole et développement durable avancent désormais de concert.
Tadina Christina








