Alors que le Comité central du PPA-CI a acté le boycott des législatives du 27 décembre, Dr Ahoua Don Mello, ancien vice-président exécutif du parti, prend une position diamétralement opposée. Dans un message adressé ce dimanche 23 novembre 2025, il appelle les cadres, militants et sympathisants à soutenir les candidatures indépendantes, qu’il considère comme un levier indispensable pour freiner l’avancée du Parti-État.
Félicitant « une trentaine de personnalités proches ou éloignées du PPA-CI » qui ont choisi de se présenter en indépendants, Don Mello salue également les cadres engagés sous la bannière indépendante ou via la plateforme EDS, malgré la ligne officielle de retrait. Pour lui, ces candidatures témoignent d’un attachement aux valeurs qu’il a défendues lors de la dernière présidentielle.
Cette prise de position intervient sur fond de vives tensions internes. Le 19 novembre, le président du PPA-CI, Laurent Gbagbo, a révoqué 22 cadres – dont Stéphane Kipré, Blaise Lasm et Georges Armand Ouegnin – accusés de défiance envers la décision du Comité central. Don Mello, lui-même mis à l’écart depuis le 31 juillet 2025 après avoir annoncé sa candidature à la présidentielle, dénonce aujourd’hui une orientation stratégique en contradiction avec les textes fondateurs du parti.
Selon lui, la décision de boycotter est « émotionnelle » et rompt avec les objectifs définis lors du Congrès constitutif de 2021, axés sur la promotion de la démocratie et la fin du Parti-État. La Convention de 2024, rappelle-t-il, avait en outre acté la participation systématique du PPA-CI à toutes les échéances électorales afin d’ancrer sa vision et de conquérir le pouvoir.
En choisissant le retrait, avertit-il, le parti risque de « répéter les erreurs du passé » et de renforcer malgré lui la domination politique du Parti-État. Il invite donc à soutenir une « Gauche plurielle et démocratique », à même de proposer une alternative solide au modèle actuel.
Pour conclure, Ahoua Don Mello lance un appel clair : voter massivement pour les candidats indépendants et dissidents, afin de construire un contre-pouvoir parlementaire et d’offrir à la Côte d’Ivoire une voie politique capable de rééquilibrer les institutions dominées par le Parti-État.
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