La Guinée-Bissau traverse une crise politique majeure après le coup d’État militaire du 26 novembre 2025. La Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) a réagi en suspendant le pays de tous ses organes décisionnels, exigeant le rétablissement immédiat de l’ordre constitutionnel et menaçant d’imposer des sanctions sévères aux auteurs du putsch.
Lors d’une session extraordinaire virtuelle, présidée par le chef d’État sierra-léonais Julius Maada Bio, les dirigeants ouest-africains ont condamné « dans les termes les plus forts » la prise de pouvoir par la force et appelé à la libération immédiate de tous les responsables politiques détenus.
Mission de médiation de haut niveau activée
Face à cette situation critique, le Conseil de Médiation et de Sécurité de la CEDEAO a mandaté une mission de médiation tripartite composée des présidents Faure Gnassingbé (Togo), José Maria Pereira Neves (Cap-Vert) et Bassirou Diomaye Faye (Sénégal), assistés par le président de la Commission de la CEDEAO, Omar Alieu Touray. Leur objectif : dialoguer avec les auteurs du coup d’État et garantir la publication immédiate des résultats de l’élection présidentielle du 23 novembre.
Le président renversé, Umaro Sissoco Embaló, a été exfiltré vers Dakar en toute sécurité grâce à une opération coordonnée par le président sénégalais Bassirou Diomaye Faye et un aéronef spécialement affrété. Cette manœuvre a également permis la libération de responsables politiques et de missions internationales encore présents sur le territoire bissau-guinéen.
Transition militaire et sécurité renforcée
Le général Horta N’Tam a été nommé président de la transition pour une période maximale d’un an. Il a promis de combattre le narcotrafic, accusé d’avoir menacé la démocratie dans le pays. La CEDEAO insiste pour que les forces armées rejoignent leurs casernes, tandis que sa Mission de soutien à la stabilisation en Guinée-Bissau (ESSMGB) continue de protéger les institutions et d’assurer la sécurité de la population.
Mobilisation régionale et internationale
La session extraordinaire a réuni les présidents et représentants du Cap-Vert, Ghana, Liberia, Nigeria, Sénégal, Sierra Leone, ainsi que le vice-président de Côte d’Ivoire, les ministres des Affaires étrangères du Bénin, Gambie et Togo, le président de la Commission de l’Union africaine, Mahmoud Ali Youssouf, et le Représentant spécial de l’ONU, Leonardo Santos Simao.
La CEDEAO a réaffirmé son engagement total pour la restauration de la démocratie en Guinée-Bissau et la stabilité régionale, appelant tous les acteurs à coopérer pleinement avec la mission de médiation pour éviter une escalade du conflit.
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