Le ministre malien des Affaires étrangères, Abdoulaye Diop, a reçu une délégation du Bureau régional de l’Institut d’études de sécurité (ISS) pour l’Afrique de l’Ouest, le Sahel et le Bassin du Lac Tchad, lors d’un échange consacré aux évolutions sécuritaires et aux recompositions politiques régionales. La rencontre intervient dans un contexte marqué par l’intensification des débats sur les modèles de coopération au Sahel.
Conduite par le colonel à la retraite Hassane Koné, chercheur principal du programme Sahel, la délégation de l’ISS a passé en revue avec le chef de la diplomatie malienne la situation sécuritaire et les perspectives de coopération entre les États de la région. Les discussions ont notamment porté sur les nouveaux équilibres politiques et institutionnels, ainsi que sur les mécanismes de dialogue susceptibles d’accompagner les transformations en cours.
Priorités de la Transition et enjeux de stabilisation
Le ministère a exposé les grandes orientations adoptées depuis le début de la Transition, axées sur l’appropriation nationale des processus décisionnels, la consolidation de la Confédération des États du Sahel (CES) et la lutte contre les acteurs armés hybrides. Les responsables maliens ont également mis en avant la Charte nationale pour la paix et la réconciliation, présentée comme un fondement des initiatives de stabilisation et des stratégies de sortie de crise.
L’ISS s’appuie sur ses travaux récents
L’Institut d’études de sécurité a rappelé suivre étroitement les dynamiques maliennes et sahéliennes, citant plusieurs recherches publiées en 2024 et 2025 sur les réseaux criminels transfrontaliers, les menaces sécuritaires et les coopérations Mali–Mauritanie–Sénégal dans les zones frontalières. Ces analyses ont contribué à enrichir le dialogue, notamment sur la nécessité d’un partage plus structuré des données et d’évaluations conjointes.
Préserver les cadres africains de dialogue
Les échanges ont aussi abordé les perturbations internes aux organisations régionales et les tensions diplomatiques qui en résultent. Les participants ont insisté sur l’importance de préserver des mécanismes africains de concertation, de réduire les perceptions d’ingérence extérieure et de renforcer la confiance entre les États confrontés aux mêmes défis sécuritaires.
La rencontre s’est conclue sur un engagement commun : maintenir un dialogue continu et renforcer la coopération analytique afin de fournir aux décideurs des outils plus solides pour orienter les politiques de sécurité, de paix et de développement au Sahel.
Lfl









