Adoptée le samedi 6 décembre 2025, à Alger lors de la 4ᵉ Conférence africaine des start-up, la Déclaration sur la régulation des plateformes numériques marque, selon le gouvernement algérien, un « tournant » pour la souveraineté numérique du continent. Mais malgré un discours volontariste, plusieurs délégations africaines restent prudentes quant à la capacité du pays à diriger dès 2026 un mécanisme continental unifié.
Au Centre international des conférences Abdelatif-Rahal, Alger a présenté ce texte comme une réponse urgente à l’emprise croissante des géants de l’OTT, en prônant des obligations de contribution locale, une meilleure protection des données et une régulation renforcée des contenus.
Cependant, nombre de délégations soulignent que la portée du document demeure limitée et que son application concrète reste incertaine.
Le gouvernement algérien affirme que la Déclaration prépare un cadre continental qui sera soumis à l’Union africaine en 2026. Mais des responsables présents estiment que le consensus est encore loin d’être trouvé : certaines propositions sont jugées « trop générales » ou peu compatibles avec les dispositifs déjà engagés au sein de l’UA.
Les débats ont notamment buté sur la localisation des données et le Cloud souverain, des sujets sensibles en raison des coûts de mise en conformité et des disparités technologiques entre les pays.
Pour soutenir son ambition de leadership, Alger met en avant ses investissements nationaux — 275 000 km de fibre optique, 6,8 millions de foyers connectés au haut débit et le lancement de la 5G. Des observateurs rappellent toutefois que les infrastructures restent inégalement réparties et que les performances du pays dans les classements internationaux du numérique demeurent modestes, posant la question de sa capacité à entraîner le continent.
La conférence a aussi abordé l’empreinte environnementale des infrastructures numériques. L’Union africaine des télécommunications a appelé à une transition vers des technologies plus écologiques, un objectif jugé ambitieux au regard des investissements considérables qu’il nécessitera.
Enfin, si Alger a mis en avant l’essor de son écosystème de startups et ses récentes distinctions internationales, certains experts tempèrent : le nombre croissant de jeunes entreprises ne garantit ni leur maturité, ni leur pérennité.
Pour plusieurs délégations, l’Afrique devra éviter les effets d’annonce et privilégier une harmonisation progressive et réaliste de la régulation numérique.
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