Le président sierra-léonais Julius Maada Bio a présidé le dimanche 14 décembre 2025 sa première session ordinaire en tant que président en exercice de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao), appelant à renforcer l’intégration économique face à des crises politiques préoccupantes.
Lors de l’ouverture de la 68ᵉ session ordinaire de la Conférence des chefs d’État et de gouvernement à Abuja, Julius Maada Bio a dénoncé la multiplication des changements de gouvernement inconstitutionnels, qualifiant ces dérives de « menace pour la stabilité régionale ». Il a réaffirmé l’engagement de la Cédéao en faveur de la démocratie et du respect des constitutions nationales.
Le sommet se déroule dans un contexte particulièrement sensible, marqué par le coup d’État du 26 novembre en Guinée-Bissau et par la tentative de putsch avortée au Bénin le 7 décembre dernier. Début décembre, le président Bio s’était personnellement rendu à Bissau pour tenter de restaurer l’ordre constitutionnel et obtenir la libération des responsables politiques détenus, sans succès.
Le président a appelé les États membres à accélérer la mise en place du marché unique de la Cédéao, à favoriser la circulation des biens et des services et à développer les infrastructures transfrontalières. Il a par ailleurs annoncé une initiative visant à réduire les coûts du transport aérien dans l’espace communautaire dès le 1er janvier 2026.
Cette session se tient également dans un contexte de rupture du dialogue avec l’Alliance des États du Sahel (AES), composée du Mali, du Burkina Faso et du Niger, qui ont quitté l’organisation régionale.
Plusieurs dirigeants ouest-africains, dont les présidents du Sénégal et de la Gambie ainsi que le vice-président ivoirien Tiémoko Meyliet Koné, ont fait le déplacement à Abuja pour discuter des enjeux cruciaux de paix, de sécurité et de stabilité dans la sous-région.
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