La Banque des États de l’Afrique centrale (BEAC) a décidé de relever ses principaux taux directeurs dans le but de contenir la dégradation de la couverture extérieure de la monnaie au sein de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (Cemac).
Réuni le lundi 15 décembre 2025 à Yaoundé, le Comité de politique monétaire (CPM) de la BEAC, lors de sa quatrième session ordinaire de l’année, a entériné un double ajustement de sa politique monétaire, selon un communiqué officiel transmis à APA.
Dans ce cadre, le Taux d’intérêt des appels d’offres, principal outil de refinancement des banques commerciales, a été relevé de 4,50 % à 4,75 %. De son côté, le Taux de la facilité de prêt marginal, qui correspond au taux plafond appliqué aux emprunts d’urgence des établissements bancaires auprès de la banque centrale, est passé de 6,00 % à 6,25 %.
Le CPM a en revanche choisi de maintenir inchangés certains paramètres. Le Taux de la facilité de dépôt demeure fixé à 0,00 %, tandis que les coefficients de réserves obligatoires restent établis à 7,00 % pour les exigibilités à vue et à 4,50 % pour les exigibilités à terme.
Ces décisions s’inscrivent dans un contexte de fragilisation des réserves de change de la zone Cemac. Selon les projections, celles-ci devraient reculer de 2,6 % sur un an pour atteindre 6 377,3 milliards de FCFA au 31 décembre 2025, représentant 4,2 mois d’importations de biens et services, contre 4,9 mois en 2024. Le taux de couverture extérieure de la monnaie chuterait ainsi à 67,0 %, après 74,9 % un an plus tôt.
Les ajustements opérés par la BEAC résultent de l’analyse des perspectives macroéconomiques internationales et sous-régionales. Pour 2025, la croissance économique de la Cemac est attendue en léger ralentissement, à 2,4 % contre 2,7 % en 2024. En revanche, l’inflation devrait repasser sous la norme communautaire, à 2,2 %, après 4,1 % l’année précédente, tandis que le solde budgétaire devrait connaître une amélioration modérée, à -1,4 % du PIB.
La masse monétaire de la zone Cemac devrait, pour sa part, progresser de 5,1 % pour s’établir à 21 977,7 milliards de FCFA à fin décembre 2025.
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