Face à la crise politique en Guinée-Bissau, le Sénégal adopte une approche pragmatique et modérée, en contraste avec la ligne plus ferme de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO).
Mardi, le ministre sénégalais de l’Intégration africaine et des Affaires étrangères, Cheikh Niang, a rappelé sur TFM la position de Dakar : « Nous avons condamné le coup d’État, demandé le rétablissement de l’ordre constitutionnel et la reprise du processus électoral ». Le Sénégal, a-t-il précisé, privilégie le réalisme et la modération, tenant compte de la proximité géographique et des liens historiques avec la Guinée-Bissau, tout en encadrant l’option d’une transition d’un an demandée par les militaires.
Le Premier ministre sénégalais, Ousmane Sonko, avait auparavant qualifié le coup d’État de « combine » et insisté sur la nécessité de poursuivre le processus électoral et de respecter la légalité constitutionnelle.
À Bissau, le général Horta N’Tam, chef d’état-major de l’armée de terre, dirige désormais la transition d’un an après l’interruption du processus électoral à 24 heures de la proclamation des résultats par la Commission nationale électorale (CNE). Il a mis en place un gouvernement et adopté une charte de transition. L’opposant Domingos Simões Pereira, principal soutien de Fernando Dias da Costa, reste détenu, tandis que ce dernier s’est réfugié à l’ambassade du Nigéria après avoir revendiqué la victoire dès le 24 novembre.
Dans ce contexte, la CEDEAO a rejeté le chronogramme de transition des militaires. Dans son communiqué final de la 68e session ordinaire du 14 décembre à Abuja, l’organisation a rappelé que les élections du 23 novembre avaient été jugées « libres, transparentes et pacifiques » et exige la libération immédiate des prisonniers politiques, la mise en place d’une transition de courte durée dirigée par un gouvernement inclusif, ainsi que la protection des dirigeants et institutions nationales.
La CEDEAO a annoncé le déploiement d’une mission de haut niveau et d’une délégation du Comité des Chefs d’État-Major pour dialoguer avec les autorités militaires et averti que des sanctions ciblées seraient appliquées à toute personne ou groupe entravant le retour à l’ordre constitutionnel. L’organisation a également invité l’Union africaine et les partenaires internationaux à soutenir la mise en œuvre de ces décisions.
Dans cette crise, le Sénégal joue un rôle de médiateur pragmatique, tandis que la CEDEAO affirme sa détermination à restaurer rapidement l’ordre constitutionnel en Guinée-Bissau.
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