Le Conseil de la Ligue des États arabes a vigoureusement dénoncé l’utilisation présumée du territoire somalien du Somaliland comme plateforme pour la mise en œuvre de projets israéliens destinés à modifier la composition démographique de la Palestine.
Réuni en session d’urgence le dimanche 28 décembre au Caire, au niveau des délégués permanents et sous la présidence des Émirats arabes unis, le Conseil a exprimé son rejet catégorique de toute tentative de déplacement forcé du peuple palestinien hors de ses terres. De telles initiatives ont été qualifiées de crimes de génocide et de violations flagrantes du droit international.
Dans son communiqué final, l’instance arabe a également condamné avec la plus grande fermeté la reconnaissance par Israël de la sécession de la région nord-ouest de la Somalie, communément appelée « Somaliland ». Selon le Conseil, cette reconnaissance servirait des agendas sécuritaires et économiques israéliens, notamment en facilitant des projets de transfert forcé de populations palestiniennes, jugés inacceptables par l’ensemble des États membres.
La Ligue arabe a réaffirmé sa position constante considérant le Somaliland comme une partie intégrante de la République fédérale de Somalie, conformément aux principes de sa Charte et à ceux des Nations unies. Elle a rejeté toute reconnaissance, directe ou indirecte, de cette sécession et réitéré son plein soutien au gouvernement fédéral somalien dans ses efforts pour préserver son intégrité territoriale, maritime et aérienne.
Les délégués ont par ailleurs souligné le droit de la Somalie à la légitime défense, tel que prévu par l’article 51 de la Charte de l’ONU, face à toute atteinte à sa souveraineté. Ils ont estimé que les manœuvres attribuées à Israël dans la région constituent une tentative dangereuse de remodelage de la carte géopolitique dans le golfe d’Aden et la mer Rouge.
Le Conseil a enfin appelé la communauté internationale à s’opposer à ces initiatives, jugées menaçantes pour la paix et la sécurité régionales, ainsi que pour la liberté de navigation et le commerce international. La reconnaissance israélienne annoncée le 26 décembre a, selon les médias, provoqué une vive réaction diplomatique à l’échelle mondiale.
Situé au nord-ouest de la Somalie, le Somaliland correspond à l’ancien protectorat britannique, couvrant une superficie d’environ 175 000 km². La région a proclamé unilatéralement son indépendance en 1991, à la faveur de l’effondrement de l’État somalien consécutif à la chute du régime de Siad Barre.
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