Le député sortant Assalé Tiémoko a vivement contesté les résultats des élections législatives du 27 décembre 2025 à Tiassalé, affirmant être le véritable vainqueur du scrutin avec une avance de 1 356 voix. L’élu accuse certains responsables locaux de la Commission électorale indépendante (CEI) d’avoir mis en place une fraude organisée au profit du candidat du parti au pouvoir, le RHDP.
Dans une déclaration rendue publique, Assalé Tiémoko a annoncé que ses conseils juridiques ont saisi le Conseil constitutionnel le vendredi 2 janvier 2026, afin de contester les résultats proclamés. Selon lui, la modification des chiffres ne serait pas le résultat d’une consigne nationale, mais plutôt l’œuvre d’un réseau local opérant au sein de l’appareil électoral de la circonscription.
L’ancien député affirme que la fraude aurait été facilitée par la création de sept nouveaux bureaux de vote lors de la révision de la liste électorale en 2024, totalisant 2 930 électeurs inscrits. D’après ses propres vérifications, la grande majorité de ces électeurs ne résideraient pas à Tiassalé, mais viendraient d’autres localités, notamment de plusieurs communes d’Abidjan.
« Le but était de détourner le choix des populations locales en faisant voter des personnes étrangères à la commune », a-t-il soutenu, évoquant également des interpellations effectuées par la police le jour du vote pour détention de cartes d’électeurs appartenant à des tiers.
Assalé Tiémoko a détaillé les sites concernés, citant l’école Kandia Camara, le Collège Moderne 2, le Collège Mixte Union, l’EPC Djénépo, la maternelle Plateau Extension et la localité de Niamoué. Il affirme que ces bureaux ont enregistré des taux de participation largement supérieurs à la moyenne communale, qu’il évalue à 36 %.
L’élu s’étonne notamment de certains chiffres qu’il juge « statistiquement incohérents », évoquant le cas d’un bureau de vote de son quartier où le taux officiel de participation aurait atteint près de 98 %, avec un écart important entre le procès-verbal initial et celui transmis à la CEI centrale.
Au-delà du contentieux local, le député sortant alerte sur les risques que de telles pratiques feraient peser sur la crédibilité du système électoral ivoirien. Par son recours, il demande au Conseil constitutionnel de faire toute la lumière sur le scrutin, notamment par la confrontation des procès-verbaux et des listes d’émargement.
Dans l’attente de la décision de la haute juridiction, Assalé Tiémoko a indiqué qu’il s’abstiendrait de toute autre déclaration publique, estimant que « l’avenir de la démocratie locale » se joue désormais devant le juge électoral.
Lfl







