La Gendarmerie nationale nigérienne a annoncé mardi le démantèlement de deux réseaux criminels à Niamey, l’un spécialisé dans le trafic d’explosifs, l’autre dans l’approvisionnement clandestin en carburant pour les groupes armés, alors que les attaques jihadistes s’intensifient dans le pays.
Lors d’une opération conjointe de la Section de Recherches de la Gendarmerie (SRG), de la Direction des Renseignements et des Opérations (DRO) et des douanes de Loga et Dosso, les forces de l’ordre ont intercepté un convoi en provenance de Sokoto, au Nigeria. À l’intérieur du véhicule, les enquêteurs ont découvert 1 578 bâtons de dynamite, soit près de 200 kg d’explosifs, dissimulés dans des sacs de farine pour échapper aux contrôles. Le principal suspect a été arrêté avec six complices.
Selon la gendarmerie, ces explosifs étaient destinés à la fabrication d’engins explosifs improvisés (IED) visant les forces de défense et les populations civiles.
Dans le cadre de la même enquête, un réseau de ravitaillement en carburant a également été démantelé dans la zone de Yabale. Des individus remplissaient leurs motos à Niamey avant de s’enfoncer dans la brousse pour transférer l’essence vers les bases terroristes. Une course-poursuite menée par la brigade mixte a permis la saisie de six motos et l’arrestation de deux suspects, coupant ainsi une ligne logistique essentielle pour les groupes armés.
La Gendarmerie nationale a qualifié ces opérations de « étape majeure dans la lutte contre le terrorisme au Niger ».
Ces coups de filet interviennent dans un contexte de recrudescence des attaques jihadistes. Le 5 janvier, le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM), affilié à Al-Qaïda, a revendiqué la prise de contrôle de deux points militaires aux environs de Torodi et un bombardement au mortier sur une caserne de l’armée nigérienne dans la région de Tillabéri.
Cette attaque a coïncidé avec l’assassinat, dans la nuit du 4 au 5 janvier, du préfet de Torodi, le capitaine Chaïbou Mali, et de plusieurs membres de sa famille. Les assaillants ont pris le contrôle de la ville pendant plusieurs heures avant de fuir vers la frontière avec le Burkina Faso. Des funérailles officielles ont été organisées mardi à Niamey en hommage au préfet assassiné.
Le Niger fait face depuis plusieurs années à une vague d’attaques jihadistes, particulièrement dans les zones frontalières avec le Mali et le Burkina Faso. En 2024, le JNIM a mené 13 attaques ayant causé 109 morts, concentrées dans les régions de Tillabéri et Tahoua, illustrant la montée en puissance de la menace sur le territoire nigérien.







