À peine les résultats provisoires des élections législatives proclamés à Marcory que le climat politique, jusque-là contenu, s’est brusquement tendu. Dans un premier temps, Aby Raoul avait pourtant adopté une posture mesurée, félicitant les candidats déclarés vainqueurs par la Commission électorale indépendante (CEI) et leur adressant des vœux de succès, tout en se réservant la possibilité d’engager des recours légaux.
Mais cette apparente sérénité n’aura pas survécu à l’analyse des faits.
Après un examen jugé « approfondi et rigoureux » des documents électoraux, le député sortant a changé de ton. Selon sa direction de campagne et sa cellule juridique, l’étude des procès-verbaux des bureaux de vote, des constats dressés par les commissaires de justice et des rapports des superviseurs sur le terrain aurait mis en évidence de graves dysfonctionnements.
Aby Raoul évoque désormais des intimidations, des violences et de nombreux incidents qui auraient profondément altéré la sincérité du scrutin dans la commune. Des faits qu’il qualifie de suffisamment sérieux pour remettre en cause la crédibilité des résultats provisoires proclamés par la CEI.
Face à ces irrégularités présumées, le maire de Marcory et son équipe ont décidé de porter l’affaire devant le Conseil constitutionnel. Un recours formel a été déposé le lundi 5 janvier 2025, dans les délais impartis par la loi.
« Après analyse de l’ensemble des procès-verbaux, des rapports de nos commissaires de justice et de nos superviseurs, nous avons estimé qu’il était de notre devoir de saisir le Conseil constitutionnel », a indiqué le député sortant.
Dans un message rendu public ce jeudi 8 janvier, Aby Raoul explique que ces éléments l’ont conduit à revoir sa position initiale. Il dit vouloir défendre la vérité des urnes pour Marcory, tout en appelant la population au calme et au respect des voies institutionnelles.
« Les nombreuses irrégularités, les intimidations et les violences observées n’ont pas permis d’apprécier avec justesse la sincérité des votes », a-t-il insisté.
Cette initiative ouvre une nouvelle phase de l’après-scrutin à Marcory, marquée par une contestation frontale des résultats et un climat politique désormais sous haute surveillance, alors que le Conseil constitutionnel est appelé à trancher.
Roland Yobouet









