L’Assemblée législative de transition (ALT) a adopté à l’unanimité, mercredi 14 janvier, la loi portant statut de la chefferie coutumière et traditionnelle au Burkina Faso. À travers ce texte structurant, l’État burkinabè entend reconnaître formellement le rôle de cette institution séculaire, tout en l’inscrivant clairement dans un cadre de neutralité politique.
Votée par les 71 députés présents, la loi précise les attributions et responsabilités des différentes autorités coutumières, qu’il s’agisse des rois, émirs, chefs de canton, de village ou de terre. Le législateur de transition ambitionne ainsi de renforcer la contribution de la chefferie à la cohésion sociale et à la régulation des conflits au sein des communautés.
Le texte innove notamment en accordant une protection juridique renforcée aux chefs coutumiers. L’État s’engage à leur fournir l’assistance des forces de sécurité en cas de menaces ou de violences liées à l’exercice de leurs fonctions. Un document officiel d’identification leur sera délivré, tandis que la présence du drapeau national dans les palais traditionnels devient désormais obligatoire, symbole de l’ancrage républicain de la chefferie.
La loi prévoit également la mise en place d’un registre national des chefs coutumiers et d’un organe de coordination, tout en assurant la sauvegarde des sites sacrés et des objets rituels, éléments essentiels du patrimoine culturel burkinabè.
Dans un souci de stabilité et de prévention des crises, le texte encadre strictement les conditions d’accession aux fonctions coutumières. Toute auto-proclamation est formellement interdite et considérée comme une atteinte à l’ordre public, passible de sanctions prévues par la loi.
Enfin, la neutralité politique de la chefferie est clairement affirmée. Les chefs coutumiers ne bénéficieront d’aucune rémunération de l’État et devront renoncer à leurs fonctions traditionnelles en cas d’engagement politique. Pour le ministre Émile Zerbo, cette réforme vise à consolider le rôle de la chefferie coutumière comme acteur de paix, de dialogue et de cohésion sociale au Burkina Faso.
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