Quelque 21,6 millions d’Ougandais sont appelés aux urnes ce jeudi 15 janvier 2026 pour élire le président de la République et renouveler les membres du Parlement. Ce scrutin majeur se déroule dans un contexte tendu, marqué par une coupure nationale d’internet depuis mardi soir et des défaillances signalées des systèmes biométriques de vérification des électeurs dans plusieurs localités.
Huit candidats sont en lice pour la magistrature suprême, dont le président sortant Yoweri Museveni, candidat du Mouvement de résistance nationale (NRM), qui brigue un septième mandat consécutif, et son principal challenger, Robert Kyagulanyi Ssentamu, plus connu sous le nom de Bobi Wine, leader de la Plateforme de l’unité nationale (NUP).
Au pouvoir depuis près de quatre décennies, Yoweri Museveni axe sa campagne sur la stabilité politique, la continuité de l’action gouvernementale et le développement économique. Son programme met en avant la lutte contre la pauvreté, le soutien à l’entrepreneuriat des jeunes, le renforcement des infrastructures et l’élargissement des dispositifs de protection sociale.
En face, Bobi Wine incarne une alternative portée par l’opposition. Il plaide pour une transformation en profondeur du système politique, avec des réformes visant à renforcer l’état de droit, les droits humains, la transparence et la lutte contre la corruption, ainsi qu’une amélioration des services publics, notamment dans les secteurs de la santé et de l’éducation.
La liste des candidats comprend également Nathan Nandala Mafabi (Forum for Democratic Change), partisan de réformes institutionnelles, le général Mugisha Gregory Muntu (Alliance nationale pour la transformation), qui met en avant l’unité nationale et la gouvernance inclusive, ainsi que Munyagwa Mubarak Sserunga, Robert Kasibante, Joseph Mabirizi et Frank Bulira Kabinga.
Sur le plan logistique et sécuritaire, la Uganda Communications Commission (UCC) a ordonné la suspension de l’accès public à internet et de certains services mobiles, invoquant des impératifs de sécurité électorale. Seuls des services jugés essentiels, notamment dans les secteurs de la santé, de la banque et de l’administration électorale, demeurent opérationnels.
La Commission électorale a, pour sa part, indiqué que dans les bureaux de vote où les Kits de Vérification Biométrique des Électeurs (BVVK) ne fonctionnent pas, le scrutin se poursuit sur la base du Registre national des électeurs, afin de garantir le droit de vote. Les bureaux doivent rester ouverts jusqu’à la prise en charge de toutes les files d’attente présentes à 16 heures, heure locale.
Ces élections se tiennent dans un contexte de fortes préoccupations liées à la désinformation et à l’usage des plateformes numériques dans les processus électoraux, faisant de ce scrutin un test crucial pour la crédibilité démocratique et la stabilité politique de l’Ouganda.
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