Une commission d’enquête spéciale sur l’importation illégale d’armes et l’« Opération Black Iron » a été officiellement installée le lundi 19 janvier 2026 aux Seychelles. Le président Patrick Herminie a profité de l’événement pour annoncer une amnistie visant à encourager la restitution des armes détenues illégalement.
Présidé par le juge Duncan Gaswaga, le Board of Inquiry a été créé le 31 décembre 2025 par le chef de l’État, en tant que Commandant en chef des Forces de défense. Il est composé de trois membres : Nissa Thomson, Justin Dogley et Edward Annacoura.
La cérémonie de prestation de serment s’est déroulée en présence du vice-président Sebastien Pillay, des responsables de la State House et de plusieurs journalistes. Les membres de la commission ont signé les documents officiels avant de prendre leurs fonctions.
Une enquête au cœur de l’affaire Black Iron
La commission a pour mission de faire la lumière sur l’importation d’armes et de munitions non enregistrées, d’identifier les personnes impliquées dans leur acquisition, et de vérifier les lieux de stockage, y compris ceux non déclarés. Elle devra également établir si des mercenaires ou anciens militaires étrangers ont participé à l’« Opération Black Iron », et déterminer qui a supervisé leurs activités.
Cette enquête s’inscrit dans le cadre d’une vaste opération anticorruption, notamment liée à un prêt de 50 millions de dollars accordé par les Émirats arabes unis en 2002. L’homme d’affaires Mukesh Valabhji et son épouse ont été arrêtés pour détournement de fonds, blanchiment d’argent et corruption. Les investigations ont révélé la possession illégale d’armes, ce qui a conduit à la création de cette commission d’enquête.
La commission devra aussi déterminer si des contractants militaires privés ont exercé des pouvoirs d’arrestation, de perquisition ou de saisie, et examiner tout élément pertinent. Elle devra remettre un rapport final au président Herminie au plus tard le 30 juin 2026.
Amnistie et cadre légal
Le président Herminie a rappelé que toute activité illégale liée aux armes est strictement interdite par la loi. Il a précisé que la commission dépend de l’Office du Procureur Général et non de l’Anti-Corruption Commission of Seychelles (ACCS).
Pour faciliter la récupération des armes, le président a annoncé une amnistie permettant aux détenteurs illégaux de les restituer sans être poursuivis. Les lois seychelloises prévoient en effet jusqu’à 15 ans de prison et une amende pouvant atteindre un million de roupies pour détention illégale d’armes, conformément au Firearms and Ammunition Act (1973) et au Bill No. 29 de 2021.
Lfl








