La nomination de Téné Birahima Ouattara au poste de vice-Premier ministre, cumulée à ses fonctions de ministre d’État, ministre de la Défense, s’impose comme l’un des marqueurs forts du nouveau gouvernement ivoirien. Si la décision suscite débats et commentaires, elle s’inscrit, selon plusieurs analystes, dans la logique d’un parcours construit sur l’action et la gestion de dossiers sensibles.
La vice-primature demeure une fonction exceptionnelle dans l’architecture institutionnelle ivoirienne. Depuis la désignation de Jean-Baptiste Mockey en 1959, avant l’accession du pays à l’indépendance, cette responsabilité n’avait plus été réactivée. Son retour, confié à un acteur central de l’appareil sécuritaire, a naturellement attiré l’attention, d’autant plus que Téné Birahima Ouattara est le frère cadet du président de la République.
Pour ses partisans, cette lecture familiale occulte l’essentiel. À la tête du ministère de la Défense depuis 2021, l’ancien député d’Abobo a exercé dans un contexte sous-régional marqué par la montée des menaces terroristes et l’instabilité aux frontières nord. Sous son autorité, les forces de défense et de sécurité ont renforcé leur coordination et leur capacité de prévention, contribuant à maintenir la Côte d’Ivoire à l’écart des foyers d’insécurité qui touchent plusieurs pays voisins.
Sur le plan diplomatique et stratégique, le ministère de la Défense a également consolidé ses partenariats bilatéraux et multilatéraux, favorisant la modernisation de l’outil militaire et le renforcement de la crédibilité du pays sur les questions de sécurité régionale.
Pour l’analyste politique Joël Touré, cette promotion « relève davantage de la reconnaissance d’un bilan que d’un privilège lié à la parenté ». Une appréciation qui alimente l’idée d’une progression politique assumée, fondée sur l’expérience et la maîtrise de dossiers clés.
En accédant à la vice-primature, Téné Birahima Ouattara confirme ainsi sa place parmi les figures majeures de l’exécutif. Une étape supplémentaire dans une trajectoire qui, sans préjuger de l’avenir, traduit une montée en responsabilité au sommet de l’État.
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