Le gouvernement burkinabè, sous la présidence du Capitaine Ibrahim Traoré, a adopté un décret rendant obligatoire la construction de sièges sociaux pour les grandes entreprises dont le chiffre d’affaires cumulé sur les trois dernières années atteint 5 milliards FCFA et plus. Cette mesure s’inscrit dans le cadre des réformes de la Révolution progressiste populaire, visant à renforcer l’ancrage national des entreprises, l’urbanisation et la mobilisation fiscale.
Le texte classe les sociétés en quatre catégories, chacune soumise à des normes de construction spécifiques :
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Catégorie A (≥100 milliards FCFA) : immeuble R+7 avec parkings souterrain et en surface et critères d’efficacité énergétique ;
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Catégorie B (50 à 100 milliards FCFA) : bâtiment R+5 avec parkings souterrain et en surface ;
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Catégorie C (10 à 50 milliards FCFA) : siège R+4 avec parking en surface ;
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Catégorie D (<10 milliards FCFA) : bâtiment minimum R+3.
Les entreprises ont six mois pour soumettre leur dossier à une commission interministérielle, avec 36 mois pour réaliser les travaux après approbation. Pour encourager la conformité, l’État prévoit des incitations, telles que des exonérations sur les matériaux de construction et la possibilité d’acquérir des terrains viabilisés via la SONATUR.
Selon le ministre de l’Économie et des Finances, Dr Aboubakar Nacanabo, cette mesure vise à renforcer l’urbanisation et le développement économique, tout en assurant une meilleure visibilité institutionnelle des entreprises. Le pays compte 828 grandes entreprises générant plus de 1 310 milliards FCFA de recettes fiscales, et cette réforme contribue à structurer durablement le tissu économique.
Ce décret fait suite à l’avant-projet adopté en octobre 2025 et à la validation parlementaire de décembre 2025, inscrivant la mesure dans une logique de souveraineté économique et de développement urbain au Burkina Faso.









