À Accra, l’affaire suscite une vive émotion. Face à la diffusion virale d’images sexuellement explicites impliquant des femmes ghanéennes sans leur consentement, le gouvernement a convoqué l’ambassadeur de Russie. Les autorités exigent coopération et justice dans un dossier à dimension internationale.
Le gouvernement ghanéen a officiellement convoqué, mardi 17 février 2026, l’ambassadeur de la Fédération de Russie à Accra, Sergei Berdnikov. En cause : la publication illicite d’images sexuellement explicites de femmes ghanéennes, diffusées en ligne sans leur consentement par un individu présumé de nationalité russe.
La démarche diplomatique, initiée sur instruction du ministre des Affaires étrangères, visait à exprimer la « forte indignation » des autorités face à des actes qualifiés d’« atrocités » et considérés comme une violation flagrante du droit ghanéen. Accra a également sollicité la coopération de Moscou afin que toute la lumière soit faite sur cette affaire et que les responsables soient traduits en justice.
Selon un communiqué du ministère ghanéen des Affaires étrangères, l’ambassadeur Sergei Berdnikov a reconnu la gravité des faits évoqués. Il a admis que les actes rapportés constituent une atteinte à la vie privée et à la dignité des victimes, tout en soulignant la dimension cybercriminelle du dossier. Le diplomate a réaffirmé la disposition de la Russie à coopérer avec les autorités ghanéennes dans le cadre des investigations en cours.
Toutefois, l’ambassadeur a précisé ne pas être en mesure de confirmer la nationalité russe du suspect présumé. Il a indiqué que le nom attribué à cet individu dans certains médias ne correspond à aucun prénom russe connu et pourrait s’apparenter à une expression vulgaire ou inappropriée en langue russe, semant ainsi un doute sur l’identité réelle de la personne recherchée.
Selon les informations communiquées par la partie russe, des activités similaires attribuées au même individu dans d’autres pays auraient également été signalées aux autorités compétentes en Russie. Ces faits feraient actuellement l’objet d’examens et d’investigations menées par des experts russes spécialisés en cybercriminalité.
Dans un geste qualifié de bonne volonté, l’ambassade de Russie à Accra s’est dite prête à partager toute information utile susceptible de faciliter l’identification, l’arrestation et la poursuite du suspect. Cette coopération est d’autant plus notable qu’aucun traité d’extradition contraignant ne lie formellement le Ghana et la Russie.
De son côté, le ministère ghanéen des Affaires étrangères a tenu à rassurer l’opinion publique. Il a affirmé sa détermination à mobiliser l’ensemble des instruments juridiques internationaux disponibles, ainsi que les relations bilatérales jugées cordiales entre Accra et Moscou, afin que justice soit rendue aux victimes.
Au-delà de l’aspect diplomatique, cette affaire relance le débat sur la protection de la vie privée en ligne et la lutte contre la diffusion non consentie de contenus intimes. Les autorités ghanéennes ont rappelé que de tels actes constituent des infractions graves au regard du droit national et peuvent entraîner des poursuites pénales.
Pour Accra, l’enjeu est double : défendre la dignité des victimes et affirmer sa capacité à faire face aux nouvelles formes de criminalité transfrontalière à l’ère numérique.
Lfl







