À l’occasion de la Journée mondiale de la justice sociale, le Directeur général de l’Organisation internationale du Travail, Gilbert F. Houngbo, a lancé ce 20 février 2026 un appel pressant à la communauté internationale. Objectif : transformer les engagements politiques en résultats concrets pour bâtir un développement plus équitable, inclusif et durable.
La justice sociale doit cesser d’être un slogan. Elle doit devenir un levier d’action. C’est le message central porté ce vendredi 20 février 2026 par Gilbert F. Houngbo, Directeur général de l’Organisation internationale du Travail (OIT), à l’occasion de la Journée mondiale dédiée à cette cause.
« La justice sociale n’est pas une aspiration, c’est une responsabilité », a-t-il martelé, rappelant que le développement économique ne peut être ni durable ni résilient s’il ne repose pas sur des fondations sociales solides. Pour le patron de l’agence onusienne, la croissance seule ne suffit plus. Elle doit impérativement s’accompagner de progrès tangibles en matière d’emploi, de protection sociale et d’égalité.
La Déclaration de Doha comme feuille de route
Au cœur de cette dynamique figure la Déclaration de Doha, adoptée en novembre dernier lors du deuxième Sommet mondial pour le développement social. Ce texte stratégique affirme un principe clair : le progrès économique doit produire des bénéfices sociaux concrets pour les populations.
Pour Gilbert Houngbo, cette déclaration constitue une feuille de route. Mais elle ne prendra tout son sens que si les États et les partenaires sociaux traduisent leurs engagements en politiques publiques effectives. L’enjeu est de réduire les inégalités persistantes, d’améliorer les conditions de travail et de garantir un accès équitable aux opportunités économiques.
Dans un contexte mondial marqué par les crises successives – sanitaires, climatiques et géopolitiques – l’OIT insiste sur l’urgence d’une action coordonnée. La justice sociale est présentée comme un facteur de stabilité et de cohésion.
Une coalition mondiale pour passer à l’action
Pour accélérer la mise en œuvre des engagements, la Coalition mondiale pour la justice sociale rassemble désormais plus de 400 partenaires. Gouvernements, organisations de travailleurs et d’employeurs, institutions internationales, universités, société civile et secteur privé sont mobilisés autour d’initiatives à fort impact.
Cette approche multipartite vise à créer une dynamique collective. Elle traduit la conviction que les défis du travail décent et de l’inclusion sociale ne peuvent être relevés par un seul acteur.
Parmi les priorités affichées figure la formalisation de l’emploi. Des millions de travailleurs dans le monde évoluent encore dans le secteur informel, sans protection sociale ni droits garantis. L’OIT plaide pour des politiques favorisant leur intégration progressive dans l’économie formelle.
Autre axe majeur : la promotion de salaires décents. Pour l’organisation, une rémunération équitable constitue un levier essentiel de réduction des inégalités et de partage des gains économiques.
L’intelligence artificielle et la transition juste
L’OIT met également en avant l’utilisation de l’intelligence artificielle comme outil au service du progrès social. L’objectif n’est pas seulement d’accompagner la transformation numérique, mais de l’orienter vers le développement des compétences et la création d’emplois de qualité.
Dans cette perspective, le dialogue social apparaît comme un pilier central. Gouvernements, employeurs et travailleurs sont appelés à coopérer pour garantir une transition juste face aux mutations économiques et technologiques.
La réduction des écarts de rémunération entre les femmes et les hommes figure aussi parmi les engagements prioritaires, tout comme l’autonomisation des jeunes. Ces enjeux sont considérés comme déterminants pour assurer une croissance inclusive à long terme.
En remerciant les partenaires engagés, Gilbert Houngbo a insisté sur la nécessité de maintenir l’élan collectif. Pour l’OIT, la justice sociale doit devenir le socle du développement futur. Un impératif moral, mais aussi stratégique, dans un monde en quête de stabilité et d’équité.
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