Lors d’un entretien bilatéral en marge de l’année judiciaire 2026 de l’Cour africaine des droits de l’homme et des peuples à Arusha, en Tanzanie, le président ghanéen John Dramani Mahama a averti que l’escalade du conflit au Moyen-Orient pourrait entraîner une hausse des prix du carburant et une dégradation du pouvoir d’achat au Ghana. Selon lui, toute extension du conflit aux pays du Golfe menacerait l’approvisionnement énergétique mondial.
Le chef de l’État ghanéen s’est exprimé mardi 3 mars 2026 à l’occasion d’un échange avec la présidente tanzanienne Samia Suluhu Hassan. Il a souligné que les tensions opposant les États-Unis, Israël et l’Iran constituent une menace pour la stabilité du marché pétrolier.
Le Ghana, a rappelé le président Mahama, dépend fortement des importations de pétrole brut et de produits raffinés. Toute hausse durable du prix du baril se répercuterait sur les tarifs à la pompe, le coût du transport et les prix des denrées alimentaires, avec des conséquences directes sur le pouvoir d’achat des ménages et la compétitivité des entreprises.
Il a également mis en garde contre les effets en chaîne que pourrait provoquer une extension du conflit aux États du Golfe, zone stratégique pour la production et le transit du pétrole. Les tensions dans cette région suscitent des inquiétudes quant à d’éventuelles ruptures d’approvisionnement, susceptibles de faire grimper les cours mondiaux.
Le président ghanéen a insisté sur l’importance du détroit d’Ormuz, passage par lequel transite une part significative du pétrole mondial. Toute perturbation de cette voie maritime, a-t-il averti, pourrait entraîner une flambée des prix et aggraver les défis économiques auxquels le Ghana est déjà confronté.
Sur le plan intérieur, John Dramani Mahama a souligné que la stabilité économique demeure une priorité. Il a rappelé que la récente restructuration de la dette et les réformes engagées visent à consolider les finances publiques et à restaurer la confiance des investisseurs. Toutefois, les chocs extérieurs liés à la situation internationale pourraient compromettre ces efforts.
Le président ghanéen a également évoqué des avancées économiques. Selon lui, les réformes du secteur de l’orpaillage à petite échelle ont permis d’augmenter les exportations d’or de 63 à 104 tonnes métriques en neuf mois, générant environ 10 milliards de dollars de recettes pour l’économie nationale. Il a par ailleurs annoncé la volonté du Ghana de transformer localement une plus grande part de sa production de cacao, avec un objectif de transformation d’au moins 400 000 tonnes métriques par an afin de créer davantage de valeur ajoutée.
Sur le plan diplomatique, le Ghana prévoit de soumettre le 25 mars une résolution à l’Assemblée générale des Nations unies pour faire reconnaître la traite transatlantique des esclaves comme crime contre l’humanité. La Tanzanie a déjà exprimé son soutien à cette initiative, qui vise à renforcer la mémoire historique et la justice internationale.
En conclusion, John Dramani Mahama a appelé à une désescalade des tensions au Moyen-Orient et à une coopération internationale renforcée pour préserver la stabilité économique mondiale. Le Ghana, a-t-il affirmé, continuera de suivre la situation de près afin de protéger son économie et le bien-être de sa population.








