Face à la dégradation du contexte géopolitique au Moyen-Orient et aux perturbations du marché pétrolier, Chine (République populaire de Chine) a demandé à ses grandes raffineries de suspendre temporairement leurs exportations de carburants. Cette mesure, rapportée par plusieurs médias internationaux, vise à préserver l’équilibre du marché intérieur et à limiter l’impact des tensions sur l’approvisionnement énergétique.
La directive concerne l’arrêt provisoire des exportations commerciales de produits raffinés ainsi que la suspension de la signature de nouveaux contrats. Les carburants visés incluent notamment l’essence, le diesel et le kérosène, mais la mesure ne s’applique ni au ravitaillement des vols internationaux, ni aux opérations de stockage sous douane. Les livraisons vers Hong Kong et Macao restent également autorisées.
Selon des sources citées par Bloomberg, des responsables de la Commission nationale du développement et de la réforme ont rencontré les dirigeants des raffineries pour leur transmettre la demande de suspension. Cette approche vise à réguler les exportations dans un contexte où les perturbations au Moyen-Orient accentuent la pression sur les marchés asiatiques.
Le conflit en cours et les restrictions affectant certains flux pétroliers ont provoqué une hausse des prix du carburant. Les marges de raffinage du diesel ont récemment atteint 49 dollars le baril, tandis que celles du kérosène ont dépassé 55 dollars, un niveau inédit depuis plusieurs années. Ces tensions reflètent l’impact des incertitudes géopolitiques sur le secteur énergétique mondial.
Certaines raffineries majeures, dont Zhejiang Petrochemical et l’unité de Sinopec à Fujian, ont déjà commencé à ajuster leur production. D’autres installations pourraient suivre afin de s’adapter à la nouvelle stratégie et de limiter les effets de la volatilité du marché.
La Chine, premier importateur mondial de pétrole, dépend fortement des approvisionnements en provenance du Moyen-Orient. En 2025, cette région représentait 57 % des importations directes de brut du pays, exposant Pékin aux risques liés aux tensions géopolitiques et aux éventuelles restrictions de navigation dans des zones stratégiques.
Dans ce contexte, le système de quotas d’exportation de carburants joue un rôle clé pour équilibrer l’offre et la demande domestiques. Les autorités cherchent ainsi à garantir la stabilité du marché intérieur tout en s’adaptant aux fluctuations internationales.
Les prix du carburant en Chine ont également connu une hausse récente, les grossistes constituant des stocks en prévision de nouvelles augmentations. Le diesel a progressé de 13,5 % pour atteindre 7 276 yuans la tonne, tandis que l’essence 92 octane a augmenté de 11 % pour s’établir à 8 208 yuans la tonne, selon les données de sociétés spécialisées.
Cette situation illustre l’interconnexion des marchés énergétiques mondiaux et la sensibilité du secteur aux événements géopolitiques. Les décisions prises par les autorités chinoises visent à protéger l’équilibre économique national tout en limitant l’exposition aux fluctuations externes.
Nous continuerons de suivre l’évolution de cette mesure et de ses conséquences sur le marché énergétique international.
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