Le procureur spécial près de la Cour de répression des infractions économiques et financières (CRIEF), Aly Touré, a expliqué que la remise en liberté de l’ancien Premier ministre guinéen Ibrahima Kassory Fofana repose essentiellement sur des considérations humanitaires liées à son état de santé. Le magistrat a toutefois précisé que la procédure judiciaire engagée contre l’ex-chef du gouvernement se poursuit et que ses frais médicaux ne seront désormais plus pris en charge par l’État.
Une libération pour raisons médicales
Le procureur spécial près de la Cour de répression des infractions économiques et financières (CRIEF), Aly Touré, a indiqué jeudi que la remise en liberté de l’ancien Premier ministre guinéen Ibrahima Kassory Fofana ne constitue pas un revirement dans la procédure judiciaire engagée contre lui.
Face aux médias guinéens, le magistrat a expliqué que l’ancien chef du gouvernement, détenu à la Maison centrale de Conakry depuis plusieurs années, souffre de pathologies qui ont nécessité une hospitalisation prolongée.
Selon lui, c’est le parquet lui-même qui a formulé la demande de remise en liberté provisoire pour des raisons humanitaires.
« Ce n’est pas un revirement de situation. C’est un prévenu hospitalisé depuis belle lurette. Par humanisme, nous avons demandé à la Cour qu’il soit momentanément libéré afin de poursuivre la procédure », a déclaré le procureur.
Fin de la prise en charge médicale par l’État
Le procureur Aly Touré a également précisé qu’à compter de sa remise en liberté, Ibrahima Kassory Fofana devra désormais assumer lui-même ses frais médicaux.
Jusqu’à présent, les soins de l’ancien Premier ministre étaient pris en charge par l’État guinéen.
« Depuis tout ce temps, ses soins étaient à la charge de l’État. Mais désormais, ses frais médicaux relèvent exclusivement de lui », a-t-il expliqué.
Selon les estimations évoquées par le parquet, les dépenses liées à sa prise en charge médicale pourraient dépasser 15 milliards de francs guinéens, soit environ 1,7 million de dollars, versés notamment à la Clinique Pasteur.
Des garanties envisagées pour la procédure
Interrogé sur les conditions entourant cette remise en liberté, le procureur a indiqué que certaines mesures de sûreté avaient été proposées afin de préserver la sérénité de la procédure judiciaire.
Toutefois, ces dispositions n’ont pas été retenues par le juge. Le magistrat a néanmoins averti que toute violation de l’esprit de ces mesures pourrait conduire le parquet à saisir de nouveau la Cour.
Dans ce cas, la Cour de répression des infractions économiques et financières pourrait être amenée à réexaminer la liberté accordée au prévenu.
Une éventuelle évacuation sanitaire hors de sa compétence
Concernant la possibilité d’une évacuation sanitaire à l’étranger, Aly Touré a indiqué que cette décision ne relève pas de sa compétence.
Le procureur a rappelé qu’il intervient uniquement en qualité de poursuivant dans cette procédure judiciaire, les décisions médicales ou administratives dépendant d’autres autorités.
Un procès qui se poursuit en appel
S’agissant de la suite de la procédure, le procureur a précisé que la prochaine audience devrait être consacrée aux plaidoiries de la défense et aux réquisitions du parquet.
Il a également indiqué que la présence de l’ancien Premier ministre à l’audience reste facultative.
« Il est libre de se présenter tout comme il est libre de ne pas se présenter », a-t-il affirmé.
Un dossier judiciaire ouvert depuis 2022
L’ancien chef du gouvernement guinéen Ibrahima Kassory Fofana est poursuivi depuis 2022 dans une affaire de détournement présumé de fonds publics.
Il avait été placé sous mandat de dépôt en avril de la même année à la Maison centrale de Conakry.
En février 2025, la Cour de répression des infractions économiques et financières l’a reconnu coupable de détournement de deniers publics, d’enrichissement illicite et de blanchiment de capitaux.
La juridiction l’a condamné à cinq ans de prison ferme, assortis d’une amende de deux milliards de francs guinéens et de la confiscation de certains de ses avoirs.
Malgré cette condamnation, la procédure judiciaire se poursuit devant la Chambre des appels de la CRIEF, qui a récemment décidé de renvoyer l’affaire à une audience ultérieure afin de poursuivre l’examen du dossier.
I.inter








