Face aux tensions qui paralysent actuellement l’Union nationale des journalistes de Côte d’Ivoire (UNJCI), l’Intersyndicale du secteur des médias de Côte d’Ivoire (ISMCI) a proposé, mercredi 11 mars 2026, la création d’un comité ad’hoc de médiation pour favoriser un règlement consensuel de la crise électorale.
Une crise née du report du congrès
La proposition de l’Intersyndicale du secteur des médias de Côte d’Ivoire intervient dans un contexte marqué par le report sine die du 12e congrès ordinaire de l’Union nationale des journalistes de Côte d’Ivoire, initialement prévu les 13 et 14 février 2026.
Ce report est intervenu après des contestations portées devant les tribunaux par un groupe de journalistes, provoquant un blocage dans l’organisation de l’élection des nouvelles instances de l’organisation.
Pour l’ISMCI, cette situation crée un climat de tensions qui porte atteinte à l’image du journaliste ivoirien et détourne l’attention des enjeux majeurs auxquels le secteur des médias est confronté.
L’ISMCI condamne les tensions entre journalistes
Dans sa déclaration, l’Intersyndicale a exprimé sa préoccupation face à la judiciarisation du conflit entre confrères. Elle condamne notamment les poursuites judiciaires engagées par certains journalistes contre d’autres membres de la corporation.
L’organisation déplore également les violences physiques et verbales observées lors de la dernière assemblée générale extraordinaire tenue à la Maison de la Presse d’Abidjan.
Selon l’ISMCI, les différends internes doivent être réglés prioritairement par le dialogue et les mécanismes propres à la profession.
Un comité ad’hoc pour faciliter le dialogue
Afin de sortir de l’impasse, l’Intersyndicale du secteur des médias de Côte d’Ivoire propose la mise en place d’un comité ad’hoc de médiation chargé de préparer les conditions d’un congrès apaisé et transparent.
Cette instance serait composée de huit membres représentant différentes composantes du secteur :
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deux représentants du Conseil des sages ;
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deux représentants du collectif des past-présidents ;
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deux représentants du Cénacle des journalistes séniors ;
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deux représentants de l’ISMCI.
L’Intersyndicale invite toutes les parties impliquées dans la crise à accepter par avance les décisions issues de ce comité afin de parvenir à une solution consensuelle.
Un plaidoyer pour soutenir l’économie des médias
Au-delà de la crise interne de l’UNJCI, l’ISMCI appelle également à une réflexion de fond sur les textes régissant l’organisation professionnelle.
Elle interpelle par ailleurs les pouvoirs publics sur la situation économique fragile des entreprises de presse en Côte d’Ivoire.
Dans cette perspective, l’Intersyndicale réitère son appel à la mise en place d’un plan d’accompagnement économique du secteur des médias, équivalant à au moins 0,01 % du budget national.
Appel à la cohésion de la profession
En conclusion, l’Intersyndicale du secteur des médias de Côte d’Ivoire appelle les journalistes ivoiriens à privilégier l’unité et le dialogue afin de préserver l’image et la crédibilité de leur profession.
L’organisation invite l’ensemble des acteurs du secteur à se mobiliser autour des priorités essentielles : la défense du journalisme, l’amélioration des conditions de travail et la consolidation du rôle des médias dans la société ivoirienne.
Lfl







