La ville balnéaire de Grand-Bassam, située à une quarantaine de kilomètres d’Abidjan, accueille un atelier national d’envergure consacré à l’opérationnalisation de la troisième génération des Contributions Déterminées au niveau National (CDN 3.0). Un chantier stratégique pour la Côte d’Ivoire, dont les ambitions climatiques nécessitent un investissement estimé à plus de 62 milliards de dollars américains.
Pendant trois jours, près de 200 experts issus des administrations publiques, du secteur privé et des partenaires techniques et financiers planchent sur la transformation des engagements climatiques du pays en projets concrets, structurés et finançables. L’objectif est clair : passer des intentions aux actions, dans un contexte d’urgence climatique accrue.
Représentant le ministre de l’Environnement et de la Transition écologique, Indira Yanni-Domingo, directrice de cabinet adjointe, a rappelé que les CDN 3.0 traduisent une ambition forte du pays. Elles visent notamment une réduction de plus de 33 % des émissions de gaz à effet de serre, ainsi qu’une augmentation de la part des énergies renouvelables à 50 % du mix électrique à l’horizon 2030.
Au-delà des chiffres, cette stratégie s’inscrit dans une vision globale : restaurer les paysages forestiers, promouvoir des systèmes agroforestiers durables et renforcer la résilience des populations face aux effets du changement climatique.
Mais la concrétisation de ces objectifs repose sur un défi majeur : le financement. « Cette ambition exige une mobilisation de ressources estimée à plus de 62 milliards de dollars », a souligné Indira Yanni-Domingo, insistant sur la nécessité d’une stratégie financière robuste.
Pour Guillaume Vermeulen, représentant de Expertise France, l’enjeu est désormais opérationnel. « La question n’est plus de savoir pourquoi agir, mais comment le faire concrètement et avec quels moyens », a-t-il indiqué, appelant à une mobilisation efficace des ressources.
L’atelier de Grand-Bassam vise ainsi à structurer un portefeuille national de projets « bancables », capables de capter les financements internationaux et d’attirer les partenaires au développement. Une étape jugée essentielle pour traduire les engagements climatiques en réalisations tangibles.
Le représentant d’Expertise France a par ailleurs salué les avancées du pays, notamment l’adoption en novembre 2025 de ses nouvelles orientations climatiques, qui dessinent une trajectoire vers un développement plus durable et résilient.
Dans cette dynamique, le projet Transition Bas Carbone (TBC), soutenu par Expertise France, joue un rôle clé en accompagnant la structuration du plan d’investissement et en renforçant les mécanismes de transparence et de suivi des engagements.
Au niveau local, les autorités de Grand-Bassam, par la voix de Oumar Bakayoko, ont insisté sur l’urgence d’une réponse coordonnée face aux défis climatiques. Elles voient dans ce plan une opportunité de promouvoir un développement inclusif, conciliant protection de l’environnement et amélioration des conditions de vie des populations.
Enfin, les autorités ont salué l’appui des partenaires internationaux, notamment l’Union européenne, le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), la GIZ et le Global Green Growth Institute (GGGI), dont l’accompagnement technique et financier demeure essentiel pour faire de la Côte d’Ivoire un modèle de transition écologique en Afrique de l’Ouest.
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