À San Pedro, le gouvernement ivoirien a franchi une nouvelle étape dans sa stratégie de transformation du secteur halieutique. Le ministre des Ressources animales et halieutiques, Sidi Tiémoko Touré, a procédé le 26 mars 2026 au lancement du ProDeCAP/Économie bleue, un ambitieux projet estimé à près de 19 milliards FCFA.
Moderniser un secteur clé de l’alimentation
Face à une demande nationale en forte croissance, la Côte d’Ivoire peine encore à couvrir ses besoins en produits halieutiques. Avec une consommation moyenne de 24,9 kg par habitant et par an, le pays dépend à près de 80 % des importations.
Le ProDeCAP entend inverser cette tendance en stimulant la production locale, notamment à travers le développement de l’aquaculture, tout en améliorant la transformation et la distribution des produits de pêche.
Une approche intégrée et durable
Pensé comme un levier de l’économie bleue, le projet repose sur une approche globale : préserver les ressources halieutiques, accroître la productivité, structurer les filières et renforcer la gouvernance. L’objectif est clair : concilier performance économique et protection des écosystèmes aquatiques.
Des partenaires internationaux mobilisés
Ce programme bénéficie du soutien financier de la Banque africaine de développement (BAD), à travers un accord conclu avec l’État ivoirien en décembre 2024. Il est également appuyé techniquement par la Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture et accompagné par la Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture pour les volets formation et renforcement des compétences.
Quatre zones stratégiques pour un impact national
Le déploiement du projet s’étendra sur cinq ans et s’appuiera sur quatre pôles de développement, appelés « Haliopôles » :
- San Pedro et le Gboklê
- Le centre, autour du lac de Kossou
- Le centre-ouest, autour du lac de Buyo
- Le Sud-Comoé, autour du lac d’Ayamé et de la lagune Aby
Ces zones ont été identifiées pour leur fort potentiel en matière de pêche et d’aquaculture.
Un levier de croissance et d’inclusion sociale
Au-delà de ses objectifs économiques, le ProDeCAP se veut un projet à fort impact social. Près de 700 000 bénéficiaires sont attendus, dont une majorité de femmes, avec environ 50 000 acteurs de l’aquaculture et 650 000 intervenants dans la pêche.
À terme, cette initiative devrait non seulement renforcer la sécurité alimentaire du pays, mais aussi créer des opportunités d’emplois durables, notamment dans les zones côtières et rurales, où la pêche demeure une activité vitale.
R. Yobouet









