Le président de la Confédération africaine de football, Patrice Motsepe, se rend ce mercredi 8 avril 2026 à Dakar pour rencontrer les autorités sénégalaises dans un contexte tendu, marqué par le recours introduit par le Sénégal devant le Tribunal arbitral du sport contre la décision de la CAF attribuant la victoire de la CAN 2025 au Maroc.
Une visite à forte portée institutionnelle
Selon le communiqué de la CAF, Patrice Motsepe rencontrera le président sénégalais, Bassirou Diomaye Faye, ainsi que le président de la Fédération sénégalaise de football, Abdoulaye Fall. L’objectif officiel est de favoriser le dialogue et d’examiner les perspectives de coopération.
Mais le déplacement prend une dimension stratégique dans la mesure où il intervient alors que le Sénégal conteste la décision CAF devant le TAS. Le recours vise à annuler la décision du 17 mars 2026 confirmant le forfait des Lions de la Teranga et la victoire 3-0 du Maroc, à la suite d’incidents survenus lors de la finale disputée à Rabat.
Sénégal et Maroc : positions opposées
La Fédération sénégalaise réclame non seulement l’annulation de la décision, mais également sa reconnaissance en tant que vainqueur. Elle a demandé un délai supplémentaire pour compléter son mémoire, dénonçant un jugement incomplet de la part de la CAF.
De son côté, le Maroc, par l’intermédiaire du président de la Fédération royale marocaine de football, Faouzi Lekjaa, défend la légitimité de la décision, fondée sur les dispositions du code disciplinaire de la CAF concernant l’abandon de match. Le dossier marocain s’appuie sur les rapports de l’arbitre et les enregistrements vidéo attestant de l’attitude de l’équipe sénégalaise.
La CAF sous pression
Patrice Motsepe a récemment assuré qu’il respecterait la décision du TAS, quelle qu’elle soit, réaffirmant la neutralité de son rôle. Ce contexte illustre les difficultés rencontrées par la CAF pour maintenir l’équilibre entre application de ses règlements et acceptation par les fédérations nationales.
Un précédent aux enjeux continentaux
Au-delà de la finale de la CAN 2025, ce litige pourrait créer un précédent sur la gestion des conflits sportifs en Afrique, notamment sur la relation entre les décisions des instances continentales et le contrôle par les juridictions internationales.
La visite de Patrice Motsepe à Dakar devient donc un moment clé pour le football africain, mêlant diplomatie sportive, arbitrage juridique et maintien de la crédibilité institutionnelle.
Entre dialogue et arbitrage, cette étape pourrait définir les contours d’une gouvernance plus structurée pour le football sur le continent.
Dina Light








