Le mercredi 8 avril 2026, Ahoua Don-Mello, figure de l’opposition au sein du Parti des Peuples Africains Côte d’Ivoire (PPA-CI), a été entendu par le Conseil de discipline présidé par Ettien Amoikon, aux côtés de quatorze collaborateurs. Cette audience fait suite à une plainte du président exécutif du parti, Sébastien Dano Djédjé, relative à un « acte de défiance » : Don-Mello avait maintenu sa candidature à l’élection présidentielle d’octobre 2025 malgré la désignation officielle de Laurent Gbagbo comme candidat unique.
Maintien de la candidature : pragmatisme et préservation politique
Lors de l’audition, Ahoua Don-Mello et ses collaborateurs ont justifié leur décision par un constat pragmatique : l’absence de Gbagbo sur la liste électorale définitive risquait d’exclure le parti du processus politique. Selon eux, leur démarche visait à « préserver la présence du PPA-CI » et à éviter une marginalisation pouvant avoir des « conséquences humaines et politiques dramatiques ».
Les protagonistes ont insisté sur le fait que leur initiative ne constituait pas une contestation du leadership de Gbagbo, mais une stratégie pour maintenir la représentativité du parti face à l’inertie des instances dirigeantes.
Débat sur l’éligibilité et neutralité politique
Le groupe a également réfuté l’accusation selon laquelle leur participation aurait pu légitimer un quatrième mandat d’Alassane Ouattara. Ils ont rappelé que si Gbagbo avait été validé, le PPA-CI aurait concouru dans les mêmes conditions institutionnelles et électorales. Leur position repose sur la distinction entre gestion pragmatique de la présence du parti et validation politique du pouvoir en place.
Un mémo détaillé reprenant les observations techniques et politiques des auditionnés a été remis au Conseil de discipline, tandis que trois membres étaient absents pour indisponibilité.
Implications pour l’avenir du PPA-CI
La décision du Conseil de discipline pourrait redéfinir l’équilibre entre discipline interne et initiative individuelle au sein du PPA-CI. Cette affaire illustre le dilemme auquel sont confrontés les partis politiques : maintenir la cohésion et le respect des instances tout en répondant aux contraintes réelles du terrain politique.
Le sort de Don-Mello et de ses proches sera déterminant pour la perception du PPA-CI comme un parti capable de combiner loyauté, pragmatisme et influence dans l’arène politique ivoirienne.
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