Le rejet du plan d’austérité de François Bayrou par 364 députés a précipité la chute du gouvernement. En désignant Sébastien Lecornu, le chef de l’État espère stabiliser une majorité introuvable et contenir la colère sociale qui gronde.
La Ve République a rarement connu pareille secousse. En l’espace de vingt-quatre heures, un gouvernement est tombé, un autre s’est levé. Lundi, François Bayrou a été désavoué par une Assemblée nationale presque unanime dans son rejet de son plan de rigueur. Mardi, Emmanuel Macron a nommé Sébastien Lecornu pour tenter de ramener l’ordre dans une France qui tangue.
Le vote de défiance, avec ses 364 voix contre, restera dans les annales. C’est moins la personne de Bayrou que le contenu de son programme — réforme des retraites, coupes sociales, économies drastiques — qui a cristallisé la révolte. Dans l’hémicycle, le rejet a transcendé les clivages habituels.
Le choix de Lecornu n’est pas neutre : loyal au président, rompu aux négociations serrées, il incarne la tentative de Macron de bâtir un rempart contre le chaos. Mais ses marges de manœuvre sont étroites. Comment composer un gouvernement qui puisse rallier des soutiens au Parlement ? Comment répondre à la rue qui gronde déjà ?
Les prochains jours seront décisifs. Les syndicats appellent à des manifestations massives. L’opposition se prépare à imposer ses propres priorités. Lecornu devra montrer, dès ses premiers pas à Matignon, qu’il peut résister à la tempête et éviter que la crise politique ne se transforme en crise institutionnelle.
LFL







