À quelques semaines d’une présidentielle marquée par les manœuvres du pouvoir, Maurice Kamto et Issa Tchiroma Bakary brisent le silence et envoient un message clair : l’opposition camerounaise se lève, solidaire et déterminée à défendre la démocratie face à un régime qui cherche à l’étouffer.
Dans le calme feutré de Yaoundé, un geste résonne comme un coup de tonnerre politique. Maurice Kamto, leader charismatique du MRC, ouvre les portes de son domicile à Issa Tchiroma Bakary, figure incontournable du FSNC et candidat à la présidentielle du 12 octobre. Ce n’est pas une simple rencontre : c’est un signal, un appel au rassemblement et à la résistance contre un pouvoir qui accumule les mandats et les violations de la Constitution.
Accompagné de ses collaborateurs, Tchiroma Bakary s’assoit à la table de Kamto pour des échanges « francs et cordiaux », mais surtout stratégiques. Les deux leaders y voient plus qu’une discussion : c’est le socle d’un front commun capable de tenir tête à l’injustice et de replacer l’intérêt de la nation au-dessus des ambitions individuelles. Dans un contexte où Maurice Kamto a été écarté de la course présidentielle par le Conseil constitutionnel, cette rencontre devient un acte de défi et de solidarité politique.
Le communiqué officiel de la campagne de Tchiroma souligne que ce rendez-vous s’inscrit dans une dynamique de lutte contre « les manœuvres visant à affaiblir les forces du changement ». Pour le FSNC, cet acte de rapprochement n’est pas seulement symbolique : il scelle une alliance qui refuse de céder à l’intimidation, qui refuse de laisser la démocratie se dissoudre dans l’indifférence.
Maurice Kamto, malgré l’invalidation de sa candidature pour « pluralité d’investiture », reste un acteur central. Il le répète avec force : « La lutte continue. » Dans le regard de ceux qui l’entourent, dans les mots prononcés, transparait l’urgence : la résistance s’organise, le peuple doit être mobilisé, et l’opposition doit se montrer indomptable.
À l’heure où Paul Biya, au pouvoir depuis 1982, vise un huitième mandat, cette rencontre est plus qu’un geste politique. Elle est le symbole d’une opposition qui refuse de se laisser neutraliser, qui veut briser le cycle de la peur et rappeler à tous que la démocratie ne se mendie pas : elle se conquiert, jour après jour, avec courage et détermination.
LFL








