L’ancien président français Nicolas Sarkozy suit avec inquiétude la situation politique en Côte d’Ivoire, marquée par l’exclusion de figures majeures de l’opposition de l’élection présidentielle, affirme l’avocat franco-libanais Robert Bourgi.
Samedi 12 septembre, invité de l’émission Décrypter l’Afrique, animée par le journaliste Théophile Kouamouo, Robert Bourgi a évoqué la perception française de la récente décision du Conseil constitutionnel ivoirien. Selon lui, Nicolas Sarkozy, malgré ses démêlés judiciaires, reste attentif à l’évolution du pays.
Le 8 septembre, la juridiction suprême ivoirienne a validé cinq candidatures pour le scrutin prévu le 31 octobre, dont celle du président sortant Alassane Ouattara, en lice pour un quatrième mandat. Plusieurs poids lourds de l’opposition ont été écartés : l’ancien chef de l’État Laurent Gbagbo, l’ex-Premier ministre Guillaume Soro, Charles Blé Goudé et l’ex-patron du Crédit Suisse, Tidjane Thiam. Cette décision a ravivé les tensions politiques, certains appelant à faire barrage au président sortant.
« Pas plus tard qu’hier, j’ai échangé avec Nicolas Sarkozy. Il est très inquiet de la situation en Côte d’Ivoire. Toute la classe politique en France suit de près, notamment la mise à l’écart de Tidjane Thiam et de Laurent Gbagbo. Ce n’est pas de nature à favoriser un climat de paix », a déclaré Robert Bourgi.
Le nom de Nicolas Sarkozy reste étroitement lié à l’accession au pouvoir d’Alassane Ouattara en 2011. À l’issue de la crise postélectorale qui avait opposé Ouattara à Laurent Gbagbo, Paris avait été l’une des premières capitales à reconnaître la victoire du candidat du RDR, soutenue par l’ONU. L’opération Licorne, conduite par les forces françaises avec l’ONUCI, avait joué un rôle déterminant dans l’arrestation de Gbagbo et l’installation d’Ouattara au palais présidentiel.
Si Robert Bourgi souligne l’influence persistante de Sarkozy, il insiste sur le fait qu’un soutien automatique à Ouattara n’est pas à envisager. « Il est très ami du président Ouattara, mais il ne placera jamais cette amitié au-dessus de l’intérêt supérieur de la Côte d’Ivoire », a-t-il précisé.
L’avocat a également rappelé que les conditions actuelles diffèrent de celles de 2010-2011. « Il n’y a plus d’armée française en Côte d’Ivoire. Si erreurs il y a eu dans le passé, elles ne se reproduiront pas. Le monde a changé en quinze ans : nous sommes à l’époque de l’instantanéité de l’information », a-t-il expliqué.
Robert Bourgi a enfin indiqué que Nicolas Sarkozy n’était pas le seul à suivre la situation. François Hollande, Jean-Luc Mélenchon, le Premier ministre Sébastien Lecornu et le président Emmanuel Macron restent également attentifs, en raison des liens humains et économiques forts entre la France et la Côte d’Ivoire.
À ce jour, ni Nicolas Sarkozy ni d’autres responsables politiques français n’ont confirmé ces déclarations. Mais l’alerte de Robert Bourgi rejoint celle d’observateurs internationaux qui appellent à garantir un climat politique apaisé à l’approche de l’élection présidentielle du 31 octobre 2025.
LFL







